Pourquoi la Coupe du monde pourrait transformer le Maroc

- 14h00 - Maroc - Ecrit par : S.A

La co-organisation par le Maroc de la coupe du monde 2030 aux côtés de l’Espagne et du Portugal aura d’énormes retombées socio-économiques sur le pays, mais le Maroc devra en amont consentir des efforts considérables.

Alors que certains pays, comme le Brésil et l’Afrique du Sud, souffrent encore des dettes contractées pour l’organisation de leur Mondial, Rashid Sari, président du Centre africain d’études stratégiques et numériques, assure auprès de Madar21 que la co-organisation par le Maroc de la Coupe du monde 2030 avec ses deux voisins ibériques représente une opportunité économique inestimable pour réaliser un bond dans de nombreux secteurs. Pour étayer son argumentation, il a indiqué que le coût de l’organisation du Mondial 2030 peut être analysé sous trois angles principaux : « Les coûts ne dépasseront pas 53 milliards de dirhams (5,5 milliards de dollars), le PIB du Maroc atteindra 200 milliards de dollars d’ici 2029, et nous pourrions même dépasser ce chiffre si nous mettons à jour plusieurs données ».

L’expert économique s’appuie sur les prévisions du Fonds monétaire international (FMI). Selon l’institution, le PIB du Maroc passera de 144 à 200 milliards de dollars. Toutefois, le Maroc devra consentir un effort considérable en matière de marketing, en particulier pour attirer les investissements. « Les investissements étrangers, bien que nous affirmions qu’ils se sont améliorés en 2024, ont en fait gravement chuté par rapport à il y a 19 ans. Par exemple, en 2023, ils ont atteint 10,8 milliards de dirhams, tandis qu’en 2005, ils s’élevaient à 43 milliards de dirhams », précise Sari. Il suggère que le Maroc se concentre sur la prévoyance, l’attraction des investissements et des touristes, ainsi que le renforcement des infrastructures.

À lire : Mondial 2030 : quid des retombées socio-économiques pour le Maroc ?

« L’organisation de la Coupe du monde nous permettra au moins de disposer d’infrastructures solides dans plusieurs domaines », est-il persuadé, notant que le Maroc dispose de tous les atouts nécessaires pour garantir des retombées économiques, même après le Mondial 2030, tant sur le plan touristique que sportif, voire industriel. « La situation stratégique du Maroc nous ouvre de vastes perspectives dans le domaine touristique. Aujourd’hui, nous visons une stratégie pour atteindre 17,5 millions de touristes, mais d’ici 2030, nous pourrions dépasser ce chiffre et atteindre 30 millions », précise Sari, expliquant ces prévisions de croissance du tourisme par la proximité géographique entre le Maroc, l’Espagne et le Portugal,

Selon l’expert, il s’avère nécessaire de mettre en place des incitations pour encourager les supporters à assister aux matchs répartis sur les trois pays, mais les agences de voyage et le ministère du Tourisme doivent travailler ensemble pour renforcer le tissu touristique marocain. L’organisation de la Coupe du monde offre une visibilité et une promotion mondiale gratuites. « Le Maroc doit saisir cette occasion pour faire la promotion industrielle du pays. […] Nous devons promouvoir les opportunités d’investissement dans tous les secteurs afin d’assurer la durabilité des retombées de l’organisation de la Coupe du monde, car « se contenter d’accueillir des touristes à court terme en misant uniquement sur le tourisme serait une catastrophe qui nous coûterait cher », analyse Rachid Sari.

À lire : Mondial 2030 : le Maroc en route pour un boom économique ?

« Bien que le secteur du tourisme soit vital, il est vulnérable à divers facteurs comme les rumeurs, l’instabilité temporaire, les tremblements de terre ou les inondations, qui peuvent tous avoir un impact. En revanche, des secteurs tels que les investissements, l’industrie et la logistique sont ceux sur lesquels nous devons nous concentrer. C’est pourquoi il est essentiel de développer une stratégie de marketing solide. Si nous restons inactifs, nous n’obtiendrons pas à long terme des résultats satisfaisants. Nous devons donc mettre en place des stratégies bien conçues pour garantir des retombées à moyen et long terme », conclut Sari.

Pour rappel, le Brésil avait dépensé plus de 15 milliards de dollars pour l’édition 2014 et l’Afrique du Sud 3,6 milliards de dollars pour le Mondial 2010, le Qatar environ 220 milliards de dollars pour accueillir le Mondial 2022 et la Russie 11,6 milliards de dollars pour l’édition 2018.

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