Première consultation électorale au Maroc depuis le séisme terroriste du 16 mai

- 18h21 - Maroc - Ecrit par :

Quelque 14,5 millions d’électeurs marocains sont invités vendredi aux urnes, pour des élections communales marquant le premier scrutin depuis les sanglants attentats islamistes du 16 mai à Casablanca (45 morts dont 12 kamikazes).

Placées sous le signe de la « transparence » et de la « mobilisation citoyenne », ces élections communales opposeront un total de 122.658 candidats qui devront se répartir 23.689 sièges de conseillers communaux.
Grande inconnue du scrutin, avant les attentats du 16 mai, le score du parti islamiste « modéré » de la Justice et du développement (PJD) devrait être limité. Mis en cause par les autorités et la presse gouvernementale pour sa « responsabilité morale » dans les attentats de Casablanca, le PJD n’a finalement présenté, après négociations avec le ministère de l’Intérieur, que 4.268 candidats, soit moins de 5% du nombre total de candidats.
Véritable épouvantail du paysage politique marocain traditionnel, le PJD avait effectué une très forte percée électorale lors des dernières élections législatives de septembre 2002 en devenant la troisième force parlementaire avec 44 députés.
Aujourd’hui en proie à de violentes querelles intestines, attisées par le camp gouvernemental des « éradicateurs » hostiles à tout compromis avec les thèses islamistes, le PJD ne peut désormais plus prétendre prendre le contrôle de certaines grandes villes comme Casablanca ou Tanger, dans lesquelles il était donné comme favori avant le traumatisme terroriste du 16 mai.
Les deux grandes formations politiques historiques, l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et le parti nationaliste conservateur de l’Istiqlal devraient se partager l’essentiel des conseils de communes et d’arrondissement.
Pour tenter de contourner l’écueil de l’abstentionnisme, qui risque d’être massif au regard d’une campagne électorale jugée »terne et sans idées » par une large partie de la presse indépendante, le ministère de l’Intérieur, relayé par plusieurs »associations citoyennes », a multiplié les appels au vote. Messages SMS, placards dans la presse, spots télévisés ont été déclinés pendant les 15 jours de la campagne officielle avec un mot d’ordre : »votez pour qui vous voulez, mais votez ! » pour « construire un Maroc démocratique et moderne ».
Un message rendu nécessaire par la véritable défiance des électeurs marocains vis-à-vis d’un personnel politique local souvent jugé « corrompu et incompétent ».
 »Maillon essentiel du développement », selon le roi Mohammed VI, les communes au Maroc restent marquées par une gestion urbaine souvent anarchique, alimentée par la corruption et un exode rural massif. Dans la seule ville de Casablanca, capitale économique du royaume, quelque 300.000 personnes sur une population de trois millions vivent dans des bidonvilles d’où sont notamment originaires les jeunes kamikazes du 16 mai.
Conscient de cette désaffection de l’électorat, le ministère de l’Intérieur a par ailleurs « invité » quelque 200 candidats sortants à la « moralité douteuse » à ne pas se représenter, au moment où une nouvelle campagne d’assainissement judiciaire est engagée dans le nord du royaume gangréné par la contrebande et le lucratif trafic de cannabis dont le Maroc est le premier producteur mondial.
Si elle se félicite du bras de fer engagé par les autorités contre les « dérives mafieuses » de certains élus locaux, l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH) a dénoncé le caractère »arbitraire » de ces interdictions de candidature en dehors de tout contrôle judiciaire.
Autre frein à la mobilisation électorale, l’analphabétisme qui touche encore 48% de la population marocaine. Les 27 partis en présence, qui seront départagés selon un mode de scrutin très complexe (uninominal dans les localités de moins de 25.000 habitants, de liste à la proportionnelle en milieu urbain), s’adressent à leurs électeurs analphabètes en utilisant des icônes facilement identifiable (une colombe, un chameau, un voilier, une rose pour l’USFP, une balance pour l’Istiqlal ou lanterne incarnant »la lumière » des islamistes du PJD).
AP

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