Racisme - Corse : 300 familles marocaines réfugiées dans le Gard

- 07h29 - Monde - Ecrit par :

« Trois cents familles d’origine marocaine ont trouvé refuge dans le Gard, dont une centaine à Nîmes. Des personnes qui viennent de Corse », explique Richard Tibérino, adjoint au maire et conseiller général du quartier Pissevin où demeure une grande partie des nouveaux venus. Ils fuient la montée du racisme, qui tend à prendre des proportions inquiétantes.
Ce phénomène d’exode, constaté depuis quatre à cinq ans, s’intensifie depuis un an.

Les plus jeunes d’entre eux ont de la rancoeur, ils sont nés en Corse et auraient souhaité y rester. Ici, ils se considèrent comme des immigrés », expose Mohamed Jaffal, l’un des responsables de l’Amicale des travailleurs et commerçants marocains de la ville, qui s’érige en porte-parole d’une communauté qui n’ose communiquer sur le sujet par peur de représailles.

« Là-bas, on était les Arabes, ici on nous appelle les Corses »

« Ils ne veulent pas parler car ils ont surtout peur qu’on s’en prenne aux Marocains restés en Corse. Quand ils étaient sur l’île, on leur disait : C’est la valise ou le cercueil. Ils ont préféré prendre la valise », complète le militant associatif. Dans la ZUP Pissevin de Nîmes, les langues se délient entre gens de la même communauté, mais rien ne filtre au-delà. Un homme d’une trentaine d’années souhaite exprimer ce qu’il a sur le coeur depuis qu’il a quitté, contraint et forcé, la région qui l’a vu naître. « Je suis arrivé à Nîmes avec ma femme et mes deux enfants après avoir passé les vingt-six premières années de ma vie en Corse. J’y suis né, mon épouse aussi. J’ai été l’un des premiers à prendre le bateau en 1999 à cause de cette montée de la haine contre les Maghrébins. Là-bas, on était les Arabes, ici, on nous appelle les Corses », témoigne Mohamed, sous couvert d’anonymat car ses parents y vivent encore. Il poursuit son récit : « C’est triste à dire, mais pendant plus d’un demi-siècle je me considérais comme un Corse. J’avais des copains qui étaient des Corses pure souche. » J’allais à l’école et je jouais au ballon avec eux. Une jeunesse loin du climat raciste qui règne aujourd’hui. C’est quand j’ai voulu m’installer à mon compte que les choses sont devenues invivables. On m’a signifié que ce n’était pas possible, que j’étais un Arabe ! On a menacé ma famille. Même mes copains d’enfance se sont faits très discrets. C’est cela qui fait le plus mal. » Un de ses amis, originaire de la région bastiaise, a également trouvé refuge à Nîmes. Joint par téléphone, il déclare du bout des lèvres qu’il a un parcours similaire. « Pour avoir ma société, on m’a proposé une association particulière. Je finançais l’entreprise, je travaillais seul et, à la fin du mois, je partageais. Un truc de fou... Dégoûté, j’ai préféré partir. En fait, tant que nos parents travaillaient dur dans les champs et le bâtiment, ça pouvait aller. La seconde génération, qui peut prétendre à des emplois plus valorisants, n’a qu’un seul salut : chercher un emploi en métropole », confie-t-il.

Boris de la Cruz - Le Parisien

  • Corse : Les Marocains fuient le racisme

    Fuyant le racisme en Corse, de nombreux Marocains ont trouvé refuge en France et particulièrement dans le sud, dans le département du Gard, où réside une importante communauté maghrébine et où ils espèrent recommencer une nouvelle vie.

  • Corse : Attentat contre la voiture d'un maghrébin

    La voiture d'un Maghrébin a été la cible, lundi soir à Ajaccio (Corse), d'un attentat à l'explosif, indique-t-on mardi de source policière. Placée sur la roue arrière de la voiture, la charge explosive a fortement endommagé le véhicule, précise-t-on de même source.

  • Exode marocain : ça se Corse

    La ministre de la Coopération chargée de la communauté marocaine à l'étranger, Nezha Chekrouni, est « préoccupée » par la recrudescence des actes racistes en Corse. « L'inquiétude de la communauté marocaine est très perceptible », a-t-elle déclaré sur l'île où elle était invitée par les organisateurs du Festival de cinéma et d'art méditerranéens Artemare.

  • Corse : Dérive xénophobe

    Les Marocains de Corse en particulier et les Maghrébins en général vivent des moments difficiles dans cette Île française où ils sont confrontés depuis quelque temps à la montée d'actes racistes perpétrés à leur encontre par des groupuscules armés comme "clandestini Corsi".

  • Paris : Rassemblement samedi contre les attentats en Corse

    L'Association "NeôMaroc" a appelé à une manifestation, samedi prochain à Paris, en solidarité avec les membres de la communauté marocaine victimes des attentats racistes en Corse.

  • Corse : Amnesty International pour des poursuites judiciaires

    Amnesty International a estimé que la poursuite en justice des auteurs des actes racistes qui ont visé dernièrement la communauté maghrébine en Corse, devra constituer une "priorité" pour les autorités françaises, exprimant ses "craintes" pour les droits des immigrés dans l'île.

  • Attentats en Corse : 6 personnes devant un juge antiterroriste

    Six jeunes gens, soupçonnés d'appartenir au groupuscule armé Clandestini Corsi qui a revendiqué sept attentats anti-Maghrébins en Corse, vont être présentés vendredi à un juge antiterroriste de Paris, selon une source judiciaire.

  • Attentats anti maghrébins : Le réveil corse

    La semaine dernière était celle de la « fraternité » en Corse. Une semaine à caractère purement symbolique comme tenait à le signaler le préfet corse et qui vient boucler une année 2004 marquée par au moins une quarantaine d'actes racistes et xénophobes qui ont visé essentiellement des Marocains.

  • Les Corses manifestent contre le racisme

    ne manifestation contre les violences racistes a rassemblé environ deux milliers de personnes samedi à Ajaccio. Parmi elles, de nombreux Maghrébins, premiers visés par les actes revendiqués régulièrement par le Mouvement clandestin autonome et les Clandestini Corsi.

  • La maison d'une famille marocaine incendiée en Corse

    La maison d'une famille marocaine à Calvi (Haute-Corse) a été visée dans la nuit de vendredi à samedi par des cocktails Molotov et des tirs de fusil de chasse, occasionnant des dégâts importants.