Rencontre avec des familles maliennes d’origine marocaine

- 19h33 - Maroc - Ecrit par :

Les cinq cents habitants du village de Boujebaha, dans les environs de Tombouctou, sont d’origine marocaine. Il y a déjà trois siècles qu’ils s’y sont installés. Ils conservent de nombreux documents et lettres historiques.

Distances

La famille Ben Bara en est l’illustre exemple.
Leur grand-père, Sidi Ali, est né et a habité Tindouf, du temps où cette ville faisait partie du Royaume du Maroc, mais actuellement située de l’autre côté de la frontière algéro-marocaine. Commerçant influent, il avait une grande notoriété. Il entretenait des correspondances régulières avec le Sultan du Maroc. En 1910, il a immigré à Tombouctou pour des raisons professionnelles sans pour autant couper les ponts avec Tindouf, puisqu’il avait toujours son commerce là-bas. Il vivait au nord du Mali, jadis Soudan français, en tant que Marocain et était fier de ses origines.
« La décision du gouvernement français d’incorporer la ville de Tindouf à l’Algérie au début des années cinquante a beaucoup affligé mon grand-père. Il a cessé de se rendre à sa ville natale et il a abandonné tous ses biens », regrette le petit-fils Abderazak Ben Bara, commerçant de son état, âgé de 42 ans et résidant à Tombouctou.
À l’ouverture de l’ambassade marocaine au Mali, en 1960, la famille Ben Bara a été reconnue en tant que marocaine. Le petit-fils garde jalousement le document portant le sceau royal délivré par l’ambassadeur et prouvant ses origines.

Primes

Après l’indépendance de l’Algérie, en 1962, les autorités algériennes ont récompensé des habitants du nord du Mali pour avoir aidé ou accueilli l’Armée de libération algérienne. Ils ont offert des primes aux habitants de Tindouf pour les rallier à leur côté. Ils ont même donné à quelques familles le titre des Moujahidines. Sidi Ali Ben Bara a refusé de revenir à Tindouf, malgré les appels répétitifs du gouvernement algérien. Ce titre lui aurait valu un salaire mensuel et un logement de fonction, mais il a renoncé à tout plutôt que de servir les desseins des ennemis de sa patrie.

Protection

À 220 km au nord de Tombouctou, en plein milieu du désert, se trouve un village nommé Boujebaha. Les cinq cents habitants qui y vivent sont d’origine marocaine. Il y a déjà trois siècles qu’ils s’y sont installés. Jusqu’au début du vingtième siècle, ils ont vécu sous la protection du Sultan du Maroc et ont été exonérés d’impôt. Ils ont toujours entretenu des relations très étroites avec leurs ancêtres marocains et conservent de nombreux documents et lettres historiques. Ces nomades vivent dans le dénuement le plus total. Leurs habitations sont construites en terre et leur village ne dispose d’aucune infrastructure. Ni école, ni hôpital, ni souk.

Passion

La ville qui porte au plus profond de son âme la passion du Maroc, c’est Tombouctou. « Exquise, pure, délicieuse, illustre cité bénie... », comme l’a décrite le chroniqueur Abderrahman Saâdi, auteur du Tarikh es-Soudan. La cité mystérieuse continue à manifester une grande affection pour le Maroc. La mosquée de Sakoré abritait une medersa au rayonnement international où des étudiants de tout le monde musulman venaient compléter leurs connaissances. Des jurisconsultes marocains de Fès faisaient le voyage de Tombouctou pour renouveler leur savoir.
La perle du désert a gardé les traces de la civilisation marocaine. Des familles d’origine marocaine y vivent encore. « On les appelle les familles chérifiennes parce qu’elles ont une descendance royale. Leurs femmes ont conservé l’élégance et le savoir-faire des femmes marocaines. Les habitants de Tombouctou ont une grande affection pour leurs grands-pères. Le report de la visite royale les a beaucoup infligés. Car, ils avaient confectionné des pagnes, des banderoles, des tee-shirts à l’effigie de SM et des drapeaux du Maroc », déclare Diop Aïssa Maïga.
Lors de la Coupe d’Afrique des Nations de football (CAN) qui s’est déroulée au Mali en 2002, les fenêtres et les toits des maisons à Tombouctou étaient ornés du drapeau marocain. Ces manifestations de joie et de soutien au Maroc n’auraient pas pu se faire, il y a une vingtaine d’années sous le règne du dictateur Moussa Traoré, mais aujourd’hui avec le vent de démocratie qui souffle sur le Mali, les cœurs s’ouvrent et les langues se délient.

Synthèse de bladi.net - Maroc Hebdo

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