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Le Maroc appelle l’Algérie à relâcher les 514 détenus marocains

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2 avril 2004 - 10h49 - Maroc

Le Maroc a réitéré, jeudi à Genève devant la Commission des Droits de l’homme de l’ONU, son appel à l’Algérie l’invitant à "s’acquitter de ses obligations internationales ", en procédant notamment à la libération immédiate, totale et sans conditions de 514 prisonniers encore détenus dans les camps de Tindouf (Sud algérien).

S’adressant à la 60ème session de la Commission des Droits de l’homme, au titre du point de l’ordre du jour des travaux relatif à « la torture et la détention » (Droits civils et Politiques), l’ambassadeur du Maroc auprès des Nations-Unies à Genève, Omar Hilale a rappelé « la situation inhumaine des 514 détenus (marocains) à Tindouf », avant de déplorer que « cette tragédie humanitaire du 21ème siècle se poursuit inexorablement, malgré les appels incessants de la Communauté internationale et les multiples résolutions du Conseil de Sécurité demandant leur libération totale (de ces détenus), immédiate et inconditionnelle ».

« Considérés par le CICR comme les plus anciens détenus du monde, a rappelé M. Hilale, certains d’entre eux croupissent dans les geôles algériennes depuis trois décennies, ce qui constitue un triste record jamais égalé dans aucun conflit dans l’histoire de l’humanité. Leur état de santé physique et psychologique ne cesse de se détériorer, suscitant les plus vives préoccupations du CICR (Comité international de la Croix-Rouge), du Secrétaire général de l’ONU et de nombreuses ONGs internationales ».

« Ces détenus, a poursuivi le diplomate marocain, auraient dû être libérés depuis 13 ans au lendemain du cessez-le-feu, conformément à l’article 118 de la 3ème Convention de Genève de 1949, qui stipule que » les prisonniers de guerre seront libérés et rapatriés sans délais après la fin des hostilités actives ". Leur incarcération porte le nom de détention arbitraire, elle même aggravée par une série de violations du droit international humanitaire, allant de la torture et du traitement cruel et inhumain à l’humiliation, la sous-alimentation et le travail forcé, en passant par l’exploitation médiatique et le marketing politique.

Ces victimes de la détention arbitraire payent de leur liberté et dans leur chair, la politique algérienne visant désespérément, par l’instrumentalisation de la tragédie humaine, à entretenir un conflit créé artificiellement".

S’adressant à la Commission qu’il a qualifié de « temple de la justice et des droits de l’Homme », le diplomate marocain a appelé l’Algérie « à s’acquitter de ses obligations internationales et à procéder à la libération immédiate, totale et sans conditions de ses 514 détenus ».

Car, relève-t-il, « en les maintenant prisonniers sur son territoire, en assurant appui et sécurité à leurs geôliers, en s’abstenant de leur porter assistance et protection, et en refusant de les libérer et de les rapatrier au Maroc, l’Algérie, se rend responsable devant la communauté internationale de la violation de pas moins de vingt sept articles de la 3ème Convention de Genève de 1949 et de son Protocole.

Ce qui constitue, là également, un autre triste record jamais atteint par aucun Etat au monde ».
« En outre, a poursuivi l’ambassadeur marocain, la tragédie de nos 514 détenus interpelle l’Algérie, en tant que pays voisin et membre de l’Union du Maghreb Arabe.

Alors que les cinq pays membres de l’UMA viennent de célébrer le 15ème anniversaire de la signature de sa Charte, le peuple marocain, dans toutes ses composantes, appelle fraternellement l’Algérie à respecter l’esprit et la lettre de cette Charte, dont l’article 15 stipule que Les Etats membres s’engagent à ne permettre sur leurs territoires respectifs aucune activité ni organisation portant atteinte à la sécurité, à l’intégrité territoriale ou au système politique de l’un des Etats membre ».

Estimant que « la tragédie humanitaire qui se poursuit à Tindouf ne peut être justifiée par aucune considération », et qu’elle est « autant condamnable par le droit et la morale universels et contraire aux divines prescriptions de notre religion commune, l’Islam », M. Hilale a invité la Commission des Droits de l’homme à « rappeler à l’Algérie ses obligations internationales pour que cesse immédiatement ce drame, afin que ces victimes de l’arbitraire retrouvent tous et sans délai leur patrie et leurs familles respectives ».

MAP

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