« Reviens ou tu perds tout » : blessé par un cheval, ce Marocain reçoit un ultimatum
Blessé par un cheval dans un centre équestre italien, Mustapha Akazzou a subi des pressions pour reprendre le travail. Sans papiers, ce Marocain dépendait de son employeur pour son salaire, son logement et une promesse de régularisation.
Fin mars 2025, un cheval non dressé écrase Mustapha Akazzou contre une grille du centre équestre où il travaille, à Cirò Marina, en Calabre. Le dos douloureux, il termine sa journée. Le 1er avril, il ne peut plus travailler.
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« Mustapha, je ne peux pas attendre », lui écrit son patron, Vincenzo De Leo, sur WhatsApp, selon Il Quotidiano del Sud. Il le somme de revenir sous peine d’être remplacé, et menace de le chasser du garage et de ne pas payer ses arriérés. Le 2 avril, le frère de l’employeur frappe violemment à sa porte pour exiger son retour.
Malgré ses douleurs, Mustapha reprend le travail. Il confie avoir peur de perdre son toit, son argent et l’aide promise pour obtenir un titre de séjour.
2,45 € de l’heure et un garage infesté de cafards
Depuis décembre 2024, il s’occupe seul de 23 chevaux, puis d’environ 30, et nettoie les écuries. Dix heures par jour, six jours par semaine, sans contrat ni équipements de protection. En 141 journées de travail, il touche 3 450 euros, soit seulement 2,45 euros de l’heure.
Son logement est un garage de 25 m² sous la maison de son employeur : moisissures, sanitaires dégradés, cafards. Il achète lui-même les bouteilles de gaz pour se chauffer. À l’embauche, on lui avait promis 700 euros mensuels et une aide pour régulariser son séjour.
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Le 27 mai 2025, l’association antitraite Comunità Progetto Sud alerte les carabiniers. Le lendemain, les enquêteurs retrouvent Mustapha dans les écuries, effrayé et souffrant. Ils recueillent son témoignage et ses messages.
En octobre 2026, la juge Elisa Marchetto ordonne le placement de Vincenzo De Leo aux arrêts domiciliaires pour exploitation présumée. Les installations du centre sont saisies à titre préventif. Le 21 octobre, un contrôle révèle la présence d’un autre travailleur, indien, sans contrat ni formation.