Sahraouis déportés à Cuba : Récits des tragédies des camps de la honte

- 09h26 - Maroc - Ecrit par :

Mlle Saadani Maalainine, sociologue, ex-déportée à Cuba qui a regagné la mère-patrie l’an dernier, a fortement ému les participants à un séminaire organisé, samedi, en Italie sous le thème "Un engagement pour la liberté", par un témoignage bouleversant sur sa propre expérience alors qu’elle n’avait que cinq ans.

"Je fus contrainte de renier mon père torturé sur la place publique par les bourreaux du polisario. Je n’oublierais jamais la scène horrible du coup qui lui a rompu les dents et défiguré sauvagement le visage devant une assistance terrifiée", a raconté Mlle Saadani, essuyant dignement des larmes au "souvenir de ce cauchemar qui ne cesse de la poursuivre", a-t-elle dit.

Mlle Saadani Maalainine a poursuivi son récit citant sa mère qui lui avait raconté comment son père, qui faisait partie des premiers combattants contre le colonisateur espagnol, avait été fait prisonnier avec des milliers d’autres personnes qui n’avaient pas admis que la lutte contre l’occupant se transforme en guerre contre la mère-patrie et oppose les ressortissants d’un même pays. "Mon père et les gens qui se sont rendus compte du piège de la sécession qui leur fut tendu par l’Algérie et ses mercenaires du "polisario" furent jetés en prison, humiliés, morts sous la torture ou exécutés", a-t-elle souligné, ajoutant que la "seule fois où elle avait vu son père, embastillé alors qu’elle était âgée de deux ans, c’était lors de sa torture publique".

Mlle Saadani a par la suite relaté sa déportation à Cuba pour une période de dix-neuf ans pendant laquelle "elle n’avait eu aucun contact ou nouvelle de sa mère et de son père" dont elle n’a su la mort, survenue dans la prison, qu’à son retour aux camps. "J’avais alors juré de consacrer tout le reste de ma vie à dénoncer ce régime tortionnaire et le goulag dans lequel sont enterrés vivants des dizaines de milliers des séquestrés marocains dans le sud de l’Algérie", a-t-elle affirmé. "Je me considère fortunée parce que, contrairement aux autres, j’ai pu fuir les camps de la honte et regagner la mère-patrie. Il faut maintenant se battre pour que tous les détenus en otage par les mercenaires du "polisario" recouvrent la liberté et retrouvent leurs familles et leur pays. Je demande votre appui et votre soutien pour faire entendre leur voix et leur cause", a-t-elle dit à l’adresse d’une assistance manifestement choquée et indignée par les pratiques tyranniques mises en évidence par ce témoignage troublant.

Mme Kaltoum Khayat, ex-responsable de l’action diplomatique au sein de "l’Union nationale des femmes sahraouies", qui a rejoint le Maroc le mois de juillet dernier, a pour sa part précisé que "les femmes et les enfants sont les premières victimes de la terreur des séparatistes". Les "révolutionnaires professionnels" algériens et leurs mercenaires, a-t-elle souligné, présentaient le Maroc comme un pays "réactionnaire au service des intérêts du capitalisme et de l’impérialisme occidental et ses ennemis comme les chantres de la révolution et de la liberté et les défenseurs des causes justes des peuples du tiers-monde". Cette idéologie, a-t-elle ajouté, a induit en erreur plusieurs personnes de bonne foi qui entendaient se battre contre le colonialisme espagnol et offrir leurs vies pour libérer les provinces du sud du Maroc de son joug.

"Mais une fois à l’intérieur des camps de Tindouf, ces personnes se trouvent prisonniers entre les mains d’une bande mafieuse et soumis à un endoctrinement de force, montrant le vrai visage de cette organisation autoritaire répressive", a-t-elle affirmé. Mme Kaltoum Khayat a expliqué comment les séquestrés deviennent ainsi un instrument dans les mains de leurs geôliers et victimes d’une guerre qu’il n’ont jamais voulue contre leur mère-patrie. "Les femmes subissent les plus graves violations des droits de l’être humain et sont considérées par le "polisario" comme un simple outil de procréation à des fins démographiques", a-t-elle dénoncé. Aussi, a-t-elle fait observer, la femme sahraouie n’a pas le droit de planifier sa famille et toute mesure allant dans ce sens relève du délit par les mercenaires du "polisario" qui "obligent les femmes à accepter la polygamie pour favoriser les naissances et grossir les effectifs des séquestrés".

En déportant leurs enfants vers Cuba et vers d’autres pays de l’ex-bloc de l’est pour parfaire leurendoctrinement idéologique, "les femmes sahraouies ne peuvent plus fuir les camps de la honte de crainte de laisser leurs progénitures entre les mains de leurs geôliers et deviennent ainsi des otages dociles souffrant de la séparation de leurs biens-aimés et sacrifiant leur existence pour qu’il ne leur soit fait rien de mal", a-t-elle dit. Mme Kaltoum Khayat a ajouté que "ces femmes perdent toute forme de contact avec leurs enfants pendant des années et quand ces derniers retournent finalement dans les camps, la direction du "polisario" leur confisquent leurs diplômes afin de les dissuader de toute tentative de retour à la mère-patrie ou de fuite à l’étranger".

En regagnant le Maroc, notre pays de toujours, a-t-elle affirmé, "nous nous sommes rendu compte de la différence existant entre la réalité et les slogans, entre une vie de quiétude et de participation au raffermissement de la démocratie et du développement et le cauchemar des privations, des humiliations et la quête constante des laissez-passer pour pouvoir se déplacer d’un camp à un autre et échanger les visites entre les membres d’une seule famille". Organisé par le maire de la ville de Pontremoli (nord de l’Italie), l’eurodéputé Enrico Ferri, en collaboration avec le bureau italien du Parlement européen et les sections locales de la Fédération italienne des femmes opérant dans les arts, les professions et les affaires (FIDAPA), le Lions Club et Amnesty international.

liberation

  • Les enfants des séquestrés de Tindouf déportés par milliers à Cuba

    Les enfants des Marocains séquestrés à Tindouf sont déportés par milliers vers Cuba et cette déportation leur cause de profondes souffrances dont la plus terrible est la privation de l'amour maternel, a expliqué à plusieurs médias allemands, Mlle Saadani Maoulainine ex-déportée.

  • Une ONG américaine appelle au retour d'enfants marocains déportés à Cuba

    L'ACMP, une ONG américaine qui oeuvre pour la libération des prisonniers marocains détenus à Tindouf, a appelé au retour de centaines, voire de milliers, d'enfants marocains kidnappés, séparés de leurs parents et transférés de façon illégale à Cuba.

  • Exécutions sommaires dans les camps de la honte

    Aujourd'hui, j'ai l'intention d'apporter mon témoignage sur un certain nombre de crimes commis par le polisario. Je vous donnerai les noms de plusieurs prisonniers marocains et les circonstances dans lesquelles ils ont eu rendez-vous avec la mort de manière horrible. Mais avant cela, deux anecdotes méritent d'être soulevées pour que vous ayez une idée plus claire sur la politique du polisario vis-à-vis de l'extérieur.

  • Tindouf : le CICR dénonce la barbarie

    Ils sont 614 prisonniers marocains détenus à Tindouf qui passeront encore une fois le nouvel An dans les geôles des tortionnaires du polisario. Parmi ces détenus, 188 sont en captivité depuis plus de 20 ans. Ces deux chiffres attestent de la cruauté et de la barbarie de ceux qui dirigent les camps polisariens de la honte.

  • Témoignages faisant part "d'exactions" à Tindouf selon Danielle Mitterand

    Rabat, 29/09/03 - Mme Danielle Mitterrand, présidente de la fondation France-Libertés, a affirmé lundi que sa fondation a relaté dans son rapport "des témoignages directs" des prisonniers marocains dans les centres de détention du "Polisario", "qui ont vécu des exactions", mais le rapport "n'a pas du tout plu à ceux auxquels il s'adressait".

  • Sahara : Pour une solution négociée entre le Maroc et l'Algérie

    Intervenant vendredi au terme du débat de la 4ème commission de l'Assemblée générale de l'ONU, le représentant permanent du Royaume auprès de l'ONU, Mohamed Bennouna, a déclaré que "le règlement définitif et durable du différend relatif au Sahara marocain devrait passer par l'élaboration d'une solution politique négociée entre les deux pays voisins, le Maroc et l'Algérie".

  • Appel pour la fin du calvaire des séquestrés de Tindouf

    Le collectif des Associations de Défense des Droits de l'Homme au Sahara a réitéré son appel à toutes les instances internationales et aux ONG défendant les droits de l'Homme, à intervenir pour mettre fin aux souffrances des séquestrés dans les camps de Tindouf.

  • Sahara Marocain : 2004 l'année de la mobilisation

    Dans une déclaration mercredi à la MAP, M. Alamin a indiqué que la persistance du "polisario" à maintenir des Marocains en détention et à exploiter leurs souffrances, est un acte contraire aux règles les plus élementaires des droits humains, qu'il faut combattre par tous les moyens.

  • 28e anniversaire de l'épopée de la Marche verte

    Le Maroc entier célèbre aujourd'hui, avec fierté mais aussi détermination, le 28ème anniversaire de la glorieuse et pacifique Marche Verte. Une action militante, initiée par feu SM Hassan II, à laquelle ont pris part 350 mille hommes et femmes, avec comme seules armes le Coran et leur voix.

  • Sahara Marocain : « Il n'y a pas de polisario mais un algésario »

    Mohamed Ziane, Secrétaire général du Parti marocain libéral Face au plan Baker et à la Résolution 1495, que doit faire, à votre avis, le Maroc ? Le Maroc doit s'attacher à des principes de droit international qui ont régi le XXe siècle dans la lutte contre le colonialisme. De ce point de vue, on ne peut pas renoncer aux principes qui régissent les référendums à travers l'univers pour la simple raison qu'on peut nous proposer des cosouverainetés et des copartages.