Saisie record de 10 tonnes de cocaïne : les Canaries et le Détroit au cœur du trafic
L’opération « Marea Blanca » vient de porter un coup sans précédent au narcotrafic international avec la saisie de près de dix tonnes de cocaïne. Intercepté au large des Canaries, le navire transportait une cargaison record de 9 994 kilos, soit la plus importante saisie en haute mer de l’histoire européenne.
L’enquête révèle une logistique méticuleuse. Parti des eaux proches du Brésil, le cargo United S. suivait une route remontant l’Atlantique pour atteindre les abords du détroit de Gibraltar. Ce trajet impliquait de longer tout le littoral atlantique marocain avant de rejoindre la zone de transbordement.
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Le plan des trafiquants consistait à ne jamais accoster avec le « navire-mère ». La drogue devait être déchargée progressivement sur des embarcations rapides (narcolanchas) à proximité du détroit. Ces petites unités devaient ensuite rallier la province de Huelva, en Espagne, en profitant de la complexité géographique et de la densité du trafic maritime entre les côtes marocaines et espagnoles.
L’intervention a été précipitée par une panne de carburant du cargo, alors qu’il se trouvait à l’ouest de l’île d’El Hierro. Ce bâtiment délabré, battant pavillon du Cameroun, effectuait son « dernier voyage » avant d’être démantelé. Les agents du Groupe spécial d’opérations (GEO) ont profité de son immobilisation pour donner l’assaut à l’aube, découvrant la drogue dissimulée sous des tonnes de sel.
Treize personnes ont été interpellées, dont sept Indiens, quatre Turcs et deux Serbes. Ces derniers sont suspectés d’être les “garants” de la cargaison pour le compte d’un puissant conglomérat de cartels balkaniques. Une arme à feu a également été saisie à bord.
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Le succès de cette opération, coordonnée par le parquet antidrogue espagnol, repose sur une alliance internationale incluant la DEA américaine, les autorités britanniques (NCA), brésiliennes et le centre de renseignement maritime de Lisbonne (MAOC-N).