Sebta : 27 échanges en une journée entre Nasser Bourita et le chef de la diplomatie espagnole
Au plus fort de la crise de Sebta, José Manuel Albares et Nasser Bourita ont échangé jusqu’à 27 fois en une seule journée. Le Maroc a nié toute responsabilité dans les arrivées massives, tandis que Madrid écarte désormais l’hypothèse d’un avertissement de Rabat.
Les contacts entre les chefs de la diplomatie marocaine et espagnole ont atteint une intensité exceptionnelle pendant la crise de Sebta. José Manuel Albares et Nasser Bourita ont parlé et échangé des messages presque quotidiennement, rapporte El País.
Au cours de l’une de ces journées, les deux ministres ont communiqué jusqu’à 27 fois. Le journal espagnol ne précise ni la date exacte ni la répartition entre appels téléphoniques et messages.
Lors de ces échanges, Nasser Bourita aurait fermement assuré à son homologue que le Maroc n’était pas responsable de l’arrivée massive de migrants à Sebta les 30 et 31 juillet.
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Ces contacts directs montrent que Rabat et Madrid ont privilégié le canal ministériel. Le gouvernement espagnol avait parallèlement envisagé de solliciter Felipe VI afin qu’il appelle Mohammed VI, avant de finalement renoncer à cette initiative.
Madrid écarte un avertissement du Maroc
Selon les informations recueillies par El País auprès du gouvernement espagnol, Madrid ne croit pas que le Maroc ait voulu envoyer un message politique à l’Espagne. Cette lecture distingue clairement la crise actuelle de celle de 2021.
À l’époque, l’accueil en Espagne de Brahim Ghali, chef du Front Polisario, avait provoqué une grave crise diplomatique. L’ambassadrice marocaine Karima Benyaich avait alors publiquement prévenu que les actes espagnols auraient des conséquences. Aucun signal aussi explicite n’a été détecté cette fois-ci.
Le gouvernement espagnol privilégie plutôt l’hypothèse d’un mouvement alimenté par des réseaux de passeurs et amplifié sur les réseaux sociaux. Des messages auraient été diffusés depuis plusieurs pays, et pas uniquement depuis le Maroc. Madrid reconnaît cependant ne pas disposer encore d’une explication définitive.
Sept ministres doivent présenter au Congrès les informations réunies par leurs administrations. Ces auditions interviennent alors que Pedro Sánchez a également placé la crise de Sebta devant le Conseil de sécurité nationale espagnol, en présence des responsables de la Défense, de l’Intérieur, du renseignement et des forces armées.
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Un autre désaccord demeure sur le retour des personnes encore présentes à Sebta. Les procédures concernant les mineurs et les demandeurs d’asile ralentissent les expulsions, tandis que le Maroc ne souhaite pas reprendre indistinctement toutes les personnes arrivées dans la ville.