Sebta et Melilla : lynché, Enaam Mayara recule

- 19h00 - Espagne - Ecrit par : P. A

Le président de la Chambre des conseillers (Sénat marocain), Enaam Mayara, est revenu lundi sur ses propos visant Sebta et Melilla, précisant que les deux « villes occupées » doivent être « libérées », et non « récupérées » comme il avait laissé entendre.

Dans une déclaration au site Goud, Mayara a reculé après que « la presse marocaine, notamment celle proche du pouvoir », a sévèrement critiqué ses propos sur Sebta et Melilla lors d’une rencontre avec des femmes de son parti, l’Istiqlal, membre de la coalition gouvernementale. Le président du Sénat a peut-être été discrètement recadré par le Palais royal, comme l’ont été d’autres politiciens qui se sont exprimés sur certains aspects de la politique étrangère du Maroc qui relève de la compétence exclusive du roi Mohammed VI, fait savoir El Confidencial.

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Les déclarations de Mayara viennent créer des tensions entre l’Espagne et le Maroc qui, pour l’instant, maintiennent de bonnes relations diplomatiques. « Qui vous a incité à vous lancer dans ces dangereux jeux diplomatiques ? », s’interroge le journal Barlamane qui estime que Mayara « ne fait que rendre un service, on ne sait pas s’il est gratuit ou payant, aux ennemis du Maroc, notamment l’Algérie et la France ». Selon le média, ces deux pays tentent de saboter les bonnes relations entre Rabat et Madrid.

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« Cette incursion d’un haut représentant de l’État dans un domaine réservé au roi [la politique étrangère] a suscité l’indignation de la presse espagnole et agacé le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, et son Exécutif, qui multiplient les gestes amicaux vers le Maroc », analyse pour sa part Maghreb Intelligence. La ministre de la Défense, Margarita Robles, a réagi lundi aux propos de Mayara, rappelant avec force que « Ceuta et Melilla sont aussi espagnoles que Zamora ou Palencia et il n’y a plus rien à dire à ce sujet ».

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Pour Hespress, Mayara a « commis un crime de lèse-majesté » en abordant une question de politique étrangère. « Avec cette salve de coups médiatiques contre Mayara, ils ont sans doute voulu épargner au président Sanchez ce mauvais breuvage en lui donnant des arguments pour répondre à ses détracteurs », argumente un diplomate marocain à la retraite. Mayara a précisé que les deux villes autonomes devraient être « libérées » sans le recours aux armes, sans chantage et par la négociation. Une réflexion partagée par une grande partie des autorités marocaines qui estiment toutefois que le moment est mal choisi pour de telles déclarations.

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