Tourisme : pourquoi le succès fulgurant du Maroc inquiète la Turquie
C’est un aveu d’inquiétude rare venant d’un géant mondial du secteur. En plein Parlement turc, le député d’Antalya a sommé son gouvernement de réagir face à la montée en puissance de concurrents agressifs, citant nommément le Maroc. Alors que le Royaume brise tous ses records avec 18 millions de visiteurs en 2025, la Turquie s’estime plombée par une fiscalité lourde et un budget promotionnel dérisoire.
La comparaison fait mal à Ankara. Lors des discussions sur le budget du ministère de la Culture et du Tourisme, ce membre du Parti républicain du peuple (CHP) a pointé du doigt le décalage flagrant entre les ambitions turques et les moyens alloués. Avec seulement 90 millions de dollars consacrés à la promotion, la Turquie fait pâle figure face aux stratégies offensives du Maroc, des Émirats arabes unis, de l’Égypte ou de l’Arabie saoudite.
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Pour l’élu d’Antalya, le danger est réel : ces pays ne se contentent plus de suivre, ils innovent. « Ils développent des projets géants et introduisent des modèles soutenus par l’intelligence artificielle », a-t-il averti, craignant que la Turquie ne perde une part significative du gâteau mondial si elle ne se réveille pas.
Les chiffres semblent lui donner raison. Le Maroc affiche une santé insolente avec 18 millions de touristes accueillis à fin novembre 2025, soit une hausse de 600 000 visiteurs par rapport à l’année précédente. Une performance que le ministère marocain attribue au succès de sa feuille de route 2023-2026 et au renforcement de l’aérien.
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À l’inverse, les professionnels turcs suffoquent. Le député a dépeint un secteur étranglé par l’inflation, l’explosion des coûts énergétiques et une pression fiscale jugée « insupportable ». Entre taxes de séjour et prélèvements divers, la compétitivité prix de la destination Turquie s’effrite, menaçant la pérennité même de ses établissements hôteliers.