Elles pensaient voyager gratuitement : ce qui a conduit Ibtissem et Mariam en prison en Turquie
Le rêve thaïlandais a viré au cauchemar judiciaire. La justice turque a condamné ce mardi 23 décembre deux jeunes Françaises, Ibtissem et Mariam, à dix ans de prison chacune pour trafic de stupéfiants. Arrêtées lors d’une escale à Istanbul avec près de 25 kilos de cannabis dans leurs bagages, les deux amies clament avoir été manipulées par une connaissance.
Le tribunal d’Istanbul a rendu son verdict après dix mois de détention provisoire à la prison de Silivri. Outre la peine de réclusion, les deux accusées, âgées de 22 et 23 ans, devront s’acquitter d’une amende de 100 000 livres turques (environ 1 990 euros). Le juge a finalement retenu la qualification de « transport de drogue » plutôt que celle de « commerce », leur évitant ainsi une peine beaucoup plus lourde, le trafic de cannabis pouvant être puni de vingt ans d’emprisonnement en Turquie, pays de transit intraitable sur la question des stupéfiants.
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L’affaire remonte au 28 février dernier, lorsque les douaniers turcs découvrent deux fois 12 kilos de cannabis dissimulés dans les valises des jeunes femmes, alors en transit depuis la Thaïlande. Pour leur défense, elles ont toujours soutenu la thèse de la manipulation et de la naïveté. Selon leurs avocats et leurs familles, ce voyage tous frais payés (vols, hôtels de luxe, safaris) leur avait été offert par un « ami d’enfance », un certain Taeric O., qui pilotait en réalité l’opération depuis sa cellule de la prison d’Amiens, en France. Au moment de quitter Bangkok, un complice leur aurait remis les valises cadenassées en leur faisant croire qu’elles contenaient des contrefaçons de vêtements à livrer en Europe.
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« Ce sont deux vraies naïves, deux gamines qui se sont fait avoir », déplorait la tante d’Ibtissem, soulignant qu’elles ignoraient que leur « bienfaiteur » était incarcéré. Désormais fixées sur leur sort judiciaire en Turquie, les deux jeunes femmes espèrent pouvoir purger leur peine en France. Leurs avocats s’activent désormais pour obtenir un accord de transfèrement rapide entre les autorités turques et françaises.