Un tuyau de 10 centimètres a sauvé les tomates de cet agriculteur près d’Agadir

- 14h00 - Maroc - Ecrit par : Mohamed A.

À Chtouka Aït Baha, près d’Agadir, Zakaria Afkir, 24 ans, a trouvé une solution pour mieux irriguer les dix hectares de tomates cerises cultivés par sa famille. Depuis l’été 2025, un raccordement à l’eau de mer dessalée a changé le quotidien de l’exploitation.

Une manivelle rouge et un tuyau d’une dizaine de centimètres de diamètre, installés au milieu des plants de tomates : c’est le dispositif qui a transformé la vie de Zakaria Afkir. « C’est ce qui nous a sauvés », confie le jeune agriculteur dans un reportage publié par Le Monde. Cette installation relie désormais l’exploitation familiale à la station de dessalement de Douria, située à quinze kilomètres, sur la côte atlantique.

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Avant ce raccordement, la famille dépendait entièrement d’un puits profond de 150 mètres pour alimenter ses cultures. Les restrictions de pompage pendant les périodes de fortes chaleurs fragilisaient les récoltes. Diplômé de l’Institut agronomique et vétérinaire de Rabat, Zakaria Afkir connaît bien les difficultés agricoles de cette région, où la nappe phréatique baisse de près de trois mètres chaque année, selon l’Agence du bassin hydraulique du Souss-Massa.

L’eau dessalée lui apporte désormais un approvisionnement supplémentaire, dans la limite de 3 500 mètres cubes par hectare et par an. Cette quantité représente environ la moitié des besoins en eau d’un hectare de tomates. Les difficultés d’irrigation dans le Souss-Massa continuent d’ailleurs de peser sur les producteurs, avec un démarrage retardé de la campagne de tomates à l’automne 2026.

Une eau presque quatre fois plus chère

Cette sécurité a un prix. Le mètre cube d’eau dessalée est facturé 5,60 dirhams aux agriculteurs de la région, contre 1,50 dirham pour l’eau provenant des barrages. Un écart important pour les exploitants, malgré les subventions publiques. Selon les chiffres rapportés par Le Monde, le coût réel atteint 10,2 dirhams par mètre cube.

La station de dessalement de Chtouka Aït Baha, mise en service en 2022, fournit chaque jour 125 000 mètres cubes d’eau à l’agriculture et 150 000 mètres cubes à l’approvisionnement en eau potable d’Agadir et de ses environs. Son réseau dessert quelque 15 000 hectares de terres agricoles, dans une région essentielle aux exportations marocaines de tomates.

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Pour Zakaria Afkir, cette nouvelle ressource permet surtout d’envisager l’avenir autrement. Après des années de difficultés liées au manque d’eau, le jeune agriculteur nourrit désormais l’ambition d’agrandir l’exploitation familiale. « Maintenant que l’on a un approvisionnement durable, on aimerait bien s’agrandir », confie-t-il.