Un islamiste évoque la "déliquescence morale" liée au tourisme

- 12h44 - Maroc - Ecrit par :

Un dirigeant islamiste marocain a évoqué samedi la "déliquescence morale" liée au tourisme et dénoncé les "orientations laïques, latines et occidentalisantes" des partis marocains de gauche, présents au gouvernement.

Dans un entretien publié par le journal islamiste Attajdid, Ahmed Raïssouni, président du Mouvement islamiste unification et réforme (Mur), évoque l’action de son mouvement pour "interdire le vin et lutter contre la déliquescence morale qui vient du tourisme".

Le mouvement Mur constitue, selon M. Raïssouni, "la direction et la colonne vertébrale" du Parti islamiste justice et développement (PJD), devenu le premier parti d’opposition après sa percée aux législatives de septembre 2002, face à une majorité où l’Union socialiste des forces populaires (USFP) a gardé la première place.

Les relations du "Mur" avec les partis de gauche sont "tendues", a dit M. Raïssouni. "Le statut de la famille et la condition de la femme constituent un autre sujet de divergence fondamental" avec ces formations, a-t-il précisé.

"Le caractère islamique de la société et de l’Etat marocains est une question qu’on ne discute pas. Mieux, il n’est pas permis de la discuter", a par ailleurs affirmé ce responsable islamiste.

"Qu’on permette au moins l’existence, au Maroc, d’une économie anti-riba", a déclaré M. Raïssouni en référence à l’interdiction par l’islam du riba, le crédit avec intérêt.

Le chef du "Mur" a par ailleurs estimé que "le roi actuel (Mohammed VI) du Maroc paraît plus démocratique et intervient moins dans les affaires du gouvernement et des partis". "Les choses sont maintenant plus souples et la vie politique jouit d’une plus grande liberté", a estimé M. Raïssouni.

La poussée islamiste aux élections législatives de septembre dernier a donné la troisième position au PJD avec 40 sièges sur les 325 de la Chambre des représentants, et a fait de lui la principale force d’opposition après la constitution du gouvernement dirigé par un technocrate apolitique, Driss Jettou.

AFP

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