J.D. Vance s’en prend aux musulmans de France
C’est une déclaration qui risque de jeter un froid diplomatique entre Washington et ses alliés historiques. Dans un entretien au média conservateur britannique UnHerd, le vice-président américain J.D. Vance a estimé que les armes nucléaires détenues par la France et le Royaume-Uni pourraient représenter un danger pour la sécurité des États-Unis, redoutant qu’une « menace islamiste » ne finisse par prendre le contrôle de ces arsenaux.
Loin des inquiétudes habituelles concernant la prolifération en Iran ou en Corée du Nord, le bras droit de la Maison-Blanche pointe du doigt Paris et Londres. Son argumentaire repose sur une crainte idéologique et démographique : il redoute que ces deux puissances occidentales ne soient submergées par ce qu’il qualifie d’« idées morales extrêmement néfastes », ciblant explicitement la montée de « l’islamisme politique » au sein des institutions.
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Pour J.D. Vance, le danger n’est pas immédiat mais prospectif. Il observe que des représentants adhérant à des idéologies radicales remportent déjà des scrutins locaux ou siègent dans des conseils municipaux en Europe. « Dans cinq ans ? Non. Mais dans quinze ans ? Absolument », prophétise-t-il, n’excluant pas qu’une personnalité hostile aux intérêts américains finisse par accéder au pouvoir suprême – et donc aux codes nucléaires – dans l’un de ces pays.
Cette rhétorique, qui fait écho aux théories du « grand remplacement », sert de justification au vice-président pour « faire la leçon » à l’Europe sur sa gestion migratoire, dans la continuité d’un discours déjà très offensif tenu en février lors de la Conférence de Munich sur la sécurité.
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Cette sortie s’inscrit dans une vision géopolitique américaine de plus en plus pessimiste à l’égard du Vieux Continent. La nouvelle stratégie de sécurité nationale de la Maison-Blanche décrit une Europe « en déclin », s’interrogeant ouvertement sur la capacité de ses alliés à rester des partenaires militaires et économiques fiables d’ici vingt ans.
Le paradoxe de cette interview réside dans le ciblage exclusif des alliés de l’OTAN. Alors que J.D. Vance théorise une menace venant de Paris ou Londres, il s’abstient, dans cet entretien, de toute critique similaire envers les arsenaux nucléaires de rivaux avérés comme la Russie, la Chine ou la Corée du Nord.