Voiture électrique : le Maroc veut son morceau du graphite
Une usine pilote de graphite destiné aux batteries vient d’ouvrir près de Casablanca. Derrière cette étape industrielle, le Maroc se positionne sur un maillon stratégique de la voiture électrique et du stockage d’énergie.
Le Maroc avance dans la chaîne mondiale des batteries électriques. Falcon Energy Materials a annoncé l’ouverture d’une usine pilote près de Casablanca, destinée à produire du graphite naturel purifié, sphéronisé et enrobé, un matériau utilisé dans les anodes de batteries.
Sur Bladi.net : "De la mine à la voiture" : le Maroc vise le sommet du secteur des batteries
L’installation ne correspond pas encore à une production industrielle de grande ampleur. Elle doit d’abord fabriquer des échantillons à échelle de qualification pour de potentiels clients, notamment des constructeurs automobiles et des fabricants de batteries.
Selon Falcon Energy Materials, cette usine pilote est la première installation marocaine de ce type consacrée au CSPG, un graphite purifié destiné à l’industrie mondiale des batteries.
Un maillon stratégique
L’enjeu dépasse l’ouverture d’un simple site pilote. Le graphite est un composant essentiel des anodes de batteries lithium-ion. En développant cette activité au Maroc, Falcon veut préparer une future usine commerciale capable de produire 25 000 tonnes par an.
Le site de Casablanca doit aussi servir à former les équipes, tester les procédés, générer des données techniques et réduire les risques avant un passage éventuel à l’échelle industrielle. Les premiers échantillons doivent être produits sur place durant l’été 2026.
Pour le Maroc, cette annonce s’inscrit dans une dynamique plus large autour de la voiture électrique, des batteries et des matériaux critiques. Le pays dispose déjà d’un écosystème automobile solide et cherche désormais à remonter vers des segments plus stratégiques de la chaîne de valeur.
Sur Bladi.net : Le Maroc va accueillir la première "gigafactory" de batteries d’Afrique
Falcon présente ce projet comme une étape vers la construction d’une chaîne d’approvisionnement en anodes de batteries en dehors de la Chine. C’est précisément là que le Maroc peut trouver sa place : attirer des industriels qui veulent diversifier leurs sources, se rapprocher de l’Europe et sécuriser leurs approvisionnements.