Washington veut donner 180 jours au Pentagone pour détailler ses projets militaires au Maroc

- 23h00 - Monde - Ecrit par : Said A.

Drones, installations militaires, renseignement et lutte antiterroriste : Washington veut organiser sa coopération avec le Maroc jusqu’en 2036. Un projet de loi américain détaille les missions que le Pentagone pourrait recevoir pour transformer cette alliance en programmes militaires concrets.

Trente jours pour transmettre une feuille de route au Congrès américain. Puis 180 jours pour présenter un plan détaillé de coopération militaire avec le Maroc. C’est le calendrier prévu par la section 1268 du projet de loi de défense américain pour 2027, une fois le texte adopté et promulgué.

La disposition, inscrite dans le document officiel du Sénat américain, vise à concrétiser l’accord militaire signé entre Rabat et Washington le 15 avril 2026. Cette feuille de route couvre la période 2026-2036 et doit renforcer la coordination entre les deux armées.

Le Pentagone serait notamment chargé d’étudier de nouveaux sites de sécurité au Maroc, permettant aux forces américaines et marocaines de se préparer conjointement aux crises régionales. Le texte prévoit aussi d’examiner la rénovation, avec partage des coûts, d’anciennes pistes aériennes utilisées par le commandement stratégique américain.

Des drones aux opérations sous-marines

La coopération envisagée dépasse largement les infrastructures. Washington souhaite approfondir la lutte antiterroriste, moderniser les Forces armées royales grâce aux équipements américains et développer un centre d’excellence consacré aux drones.

Les exercices militaires African Lion pourraient également changer d’échelle. Le projet américain cite explicitement les opérations antidrones, la cybersécurité, les technologies sous-marines, la protection des infrastructures critiques et l’intelligence artificielle appliquée aux combats.

Selon le journal espagnol El Español, qui revient sur ce dossier le 23 octobre, cette coopération s’appuie déjà sur les projets d’expérimentation militaire à Tan-Tan, où les deux pays préparent des essais de technologies antidrones.

Le plan américain reste lié au parcours parlementaire de la loi de défense pour 2027. Le 14 juillet, une motion permettant au Sénat d’engager son examen n’avait recueilli que 50 voix favorables, contre 46 oppositions, alors que 60 voix étaient nécessaires. Les obligations imposées au Pentagone dépendront donc de l’adoption définitive du texte.