À trois ans, Siraj vit depuis 26 jours sous une tente sans toilettes à Sebta

- 13h00 - Espagne - Ecrit par : L.A

Siraj n’a que trois ans. Après avoir rejoint Sebta à la nage avec ses parents et son frère, ce petit Marocain vit depuis 26 jours sous une tente, sans toilettes, au milieu des hangars désaffectés de la zone industrielle d’El Tarajal.

Siraj marche main dans la main avec son frère de huit ans entre les bâtiments abandonnés. Les deux enfants se glissent derrière quatre vieux réfrigérateurs avant de rejoindre leur père, resté à une centaine de mètres. « Nous n’avons pas de toilettes », explique celui-ci dans un reportage publié par El País.

La famille vivait auparavant à Fnideq, de l’autre côté de la frontière. Le père a 45 ans. Son épouse Nihad, âgée de 39 ans, travaillait comme femme de ménage, tandis que lui enchaînait des emplois occasionnels. Avec leurs enfants, ils habitaient chez la mère de Nihad, au milieu de nombreux proches.

Les quatre membres de la famille ont rejoint Sebta à la nage lors de la traversée massive du 30 juillet. Selon le père, des gardes les ont aidés après les avoir repérés en mer. Nihad assure qu’ils ont pris ce risque pour leurs enfants, faute de pouvoir leur offrir un logement et une vie stable au Maroc.

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Depuis leur arrivée, leur maison se résume à une tente achetée par une femme qui les avait aperçus dans la zone industrielle. Un policier leur a apporté un matelas gonflable. Leurs vêtements sèchent sur des barrières et des crochets, tandis que les enfants mangent les plats distribués par l’association Luna Blanca.

La famille affirme qu’en 26 jours, aucune administration n’est venue l’identifier ou s’informer de sa situation. « Personne n’est venu nous demander quoi que ce soit », déplore Nihad. Elle raconte à ses enfants qu’ils sont venus à Sebta pour leur avenir. Eux disent vouloir étudier et devenir footballeurs.

Des centaines de migrants toujours sans toilettes

Le cas de Siraj est loin d’être isolé. Des centaines de migrants vivent encore dans les hangars et les espaces abandonnés d’El Tarajal, où ils ont construit des abris avec des palettes, du carton, des pneus et des bâches en plastique. La seule association Luna Blanca a distribué 850 repas au cours d’une journée.

Les estimations les plus prudentes citées par le quotidien espagnol font état d’environ 7 000 migrants encore présents à Sebta, parmi lesquels 2 500 mineurs. La police espagnole avait déjà annoncé avoir identifié 2 168 mineurs depuis le 30 juillet.

Deux espaces d’accueil temporaire d’une capacité totale de 1 800 places ont été ouverts. Trois autres installations doivent être aménagées par le ministère espagnol des Migrations, compétent pour les adultes accompagnés d’enfants. Mais des familles continuent de dormir dehors en attendant une place.

Médicos del Mundo intervient quotidiennement à El Tarajal. En dix jours, ses équipes ont examiné environ 650 personnes souffrant notamment de blessures, d’infections respiratoires ou dermatologiques. Les soignants constatent également des crises d’angoisse, des symptômes de stress post-traumatique et un manque important de sommeil.

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L’organisation décrit une urgence humanitaire sans solution visible à court terme et réclame davantage de coordination. Pendant ce temps, Siraj, son frère et leurs parents restent sous leur tente, au milieu d’une zone industrielle devenue un campement improvisé, sans savoir s’ils seront accueillis ailleurs, renvoyés au Maroc ou autorisés à rester.