Dakhla, Nador, Tanger, Casablanca : SGTM empile 35 milliards de dirhams de chantiers

- 08h00 - Maroc - Ecrit par : Mohamed A.

SGTM aborde la deuxième moitié de 2026 avec 34,8 milliards de dirhams de commandes. Le géant marocain du BTP travaille notamment sur les ports de Dakhla Atlantique, Nador West Med et Tanger Med ainsi que sur le futur terminal de l’aéroport Mohammed V de Casablanca.

Le chiffre apparaît dans les indicateurs du deuxième trimestre publiés par SGTM auprès de l’AMMC le 31 août. Au 30 juin, le carnet de commandes du groupe atteint exactement 34,8 milliards de dirhams, un niveau quasiment stable par rapport aux 35,1 milliards enregistrés à la fin de 2025.

Derrière cette somme se trouvent plusieurs des plus grands chantiers actuellement engagés au Maroc. SGTM cite directement Dakhla Atlantique, Nador West Med et le port passagers de Tanger Med. Les travaux maritimes et fluviaux ont d’ailleurs fortement progressé au premier semestre grâce à l’avancement simultané de ces trois infrastructures.

Nador West Med et Dakhla Atlantique doivent profondément renforcer les capacités portuaires du Maroc. Le premier doit entrer progressivement en exploitation avant Dakhla Atlantique, tandis que le Royaume investit parallèlement massivement dans les infrastructures permettant de connecter ces nouveaux ports au reste du territoire.

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À Casablanca, SGTM est également engagée dans le nouveau terminal Hub de l’aéroport Mohammed V. Le groupe indique que le chantier se trouve encore dans ses phases initiales d’études et d’installation, avant une montée en cadence.

Ce nouveau terminal de Mohammed V constitue l’un des plus importants projets aéroportuaires jamais lancés au Maroc. Il doit permettre à Casablanca de changer radicalement d’échelle et devenir un véritable hub international, avec une capacité supplémentaire de plusieurs dizaines de millions de voyageurs.

Les investissements bondissent de 47 %

Cette accumulation de grands projets commence à se voir dans les comptes de SGTM. Le groupe a investi 377 millions de dirhams durant les six premiers mois de l’année, contre 256 millions un an auparavant, soit une hausse de 47,3 %. Sur le seul deuxième trimestre, les investissements ont atteint 247 millions de dirhams, en progression de 68,3 %.

SGTM explique que ces dépenses servent essentiellement à mobiliser les équipements et les moyens nécessaires au démarrage puis à la montée en puissance de ses nouveaux chantiers.

Cette accélération a aussi un coût financier. L’endettement net du groupe est passé de seulement 156 millions de dirhams à la fin décembre 2025 à 2,4 milliards au 30 juin 2026. SGTM explique cette forte hausse par les importantes ressources qu’il faut mobiliser au début des travaux, avant que l’avancement des projets ne génère progressivement des encaissements.

Le chiffre d’affaires suit pour l’instant la tendance inverse. Il s’établit à 6,6 milliards de dirhams au premier semestre, en baisse de 7,2 % sur un an. Au deuxième trimestre, le recul atteint 14,2 %, avec 3,578 milliards de dirhams de revenus. Le groupe attribue cette baisse à une période de transition entre les grands chantiers achevés en 2025 et ceux qui commencent actuellement.

La structure des 34,8 milliards de dirhams de commandes montre également le poids des grands donneurs d’ordre institutionnels : 70,9 % du portefeuille provient du secteur semi-public, 26,8 % du secteur public et seulement 2,3 % du privé.

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Outre les ports et l’aéroport de Casablanca, SGTM travaille également sur de nouveaux ouvrages hydrauliques. Après la livraison en 2025 des barrages Sidi Abbou et Aït Ziat, le groupe cite notamment le démarrage du barrage Bou Ahmed.

Cette multiplication des projets intervient quelques mois après l’introduction en Bourse qui a davantage exposé SGTM et la fortune de son président M’hammed Kabbaj. Avec près de 35 milliards de dirhams de commandes restant à exécuter, le groupe dispose désormais d’un portefeuille représentant plus de cinq fois son chiffre d’affaires réalisé au premier semestre.