Après les arrivées massives depuis le Maroc, un responsable de l’OTAN assure que l’Alliance soutiendrait l’Espagne

- 05h00 - Espagne - Ecrit par : Nadia El A.

Un haut responsable de l’OTAN assure que les alliés soutiendraient l’Espagne si elle invoquait l’article 5 après un événement à Sebta ou Melilla. Il voit également un possible élément de « guerre hybride » dans les passages massifs survenus depuis le Maroc.

Javier Colomina, secrétaire général adjoint de l’OTAN pour les affaires politiques et la politique de sécurité, s’est montré catégorique. « Personnellement, je ne doute pas que, si l’Espagne décidait d’invoquer l’article 5 pour quelque chose qui se produirait à Sebta ou Melilla, l’Alliance répondrait », a-t-il déclaré jeudi 17 septembre.

Le diplomate espagnol, également représentant spécial de l’OTAN pour le voisinage Sud, s’exprimait lors du forum « Dialogues pour la sécurité » organisé à Madrid. Ses propos ont été rapportés par Europa Press.

Colomina relie directement cette hypothèse aux passages massifs enregistrés à Sebta les 30 et 31 juillet. Il juge « difficile de ne pas penser » qu’un tel événement puisse comporter une dimension de guerre hybride. Madrid avait alors recensé des dizaines de milliers d’entrées depuis le Maroc en seulement deux jours.

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Selon le responsable de l’OTAN, l’utilisation de l’immigration irrégulière comme moyen de pression est désormais une réalité. Il rappelle que l’Alliance admet qu’une campagne hybride puisse, par sa gravité, conduire un État membre à invoquer la défense collective.

Sebta reste hors du périmètre explicite de l’article 5

La situation de Sebta et Melilla demeure cependant particulière. Les deux villes espagnoles situées en Afrique ne sont pas comprises dans le périmètre géographique explicitement défini par l’article 6 du traité de Washington pour l’application de l’article 5.

Javier Colomina reconnaît lui-même cette difficulté juridique. Il considère néanmoins que le traité protège politiquement l’ensemble du territoire des pays alliés et que les autres membres ne laisseraient pas l’Espagne sans soutien en cas de crise grave.

Cette réponse ne serait pas automatique. L’Espagne devrait d’abord décider d’invoquer l’article 5, puis le Conseil de l’Atlantique Nord devrait déterminer collectivement si la situation justifie son application. « Politiquement, l’Alliance répondrait si cela était nécessaire », a précisé Colomina à Cadena SER.

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L’Espagne n’a engagé aucune démarche en ce sens. Elle n’a même jamais demandé de consultations au titre de l’article 4, procédure moins contraignante permettant à un allié de saisir l’OTAN lorsqu’il estime que son intégrité territoriale ou sa sécurité sont menacées.