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Absentéisme dans l’éducation, 2 millions de journées perdues en 2007

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26 mai 2008 - 23h54 - Maroc

Quelque 500 millions de dirhams. C’est le budget nécessaire pour la construction de 100 collèges et c’est aussi le coût estimé des deux millions de journées d’absence enregistrées dans les établissements scolaires au cours de l’année 2006-2007.

Cela fait beaucoup d’autant plus que le phénomène qui touche aussi bien l’enseignant que l’élève, a pris des dimensions inquiétantes ces dernières années. A tel point qu’il constitue un véritable blocage pour la réforme du système de l’enseignement dans son ensemble. « Nous ne sommes pas contre les absences justifiées, mais, malheureusement, on constate une utilisation abusive des certificats médicaux par certains enseignants », reconnaît Mohamed Ould Dâada, directeur des ressources humaines au ministère de l’Education nationale.

En fait, le problème est complexe et les responsabilités sont partagées dans un contexte où l’éthique et le devoir professionnel sont devenus une denrée rare. Pour y mettre fin, et dans le cadre de la mise en application des recommandations du rapport du Conseil supérieur de l’enseignement (CSE), le département d’Ahmed Akhchichine est décidé à combattre ce fléau. Avec, à la clé, une stratégie dont les contours ont été déjà définis. Sa mise en application est prévue pour l’année scolaire 2008/2009. Une expérience pilote a été lancée au début de ce mois de mai et devrait s’étaler sur soixante jours. Lieux d’expérimentation : trois académies relevant des régions de Rabat, de l’Oriental et de Chaouia-Ouardigha. Une évaluation de cette expérience sera réalisée en juillet prochain avant de passer à la mise en place d’un plan d’action dont l’application est prévue à partir d’octobre prochain au niveau de l’ensemble des académies du Royaume.

Par cette stratégie, les responsables ambitionnent de réduire l’absentéisme de 50% à la fin de la prochaine année scolaire en attendant de l’éradiquer définitivement d’ici quatre ans. Pour passer à l’action, plusieurs outils sont prévus. A commencer par la décentralisation de la gestion du dossier de l’absentéisme au niveau de la délégation. Dans l’état actuel, le rôle de cette dernière reste limité puisque les décisions de sanction sont prises en général au niveau de l’Administration centrale. Dans le cadre de cette stratégie, des cycles de formation au profit du personnel administratif sont prévus pour mieux maîtriser les procédures administratives concernant l’absentéisme, aussi bien de l’enseignant que celui de l’élève.

Toujours dans le même registre, le ministère a préparé un guide qui définit l’ensemble des mesures à suivre à partir de l’établissement scolaire jusqu’à l’académie en passant par la délégation. Par exemple, au niveau de chaque établissement scolaire, il faut créer une cellule pour assurer un suivi rigoureux et quotidien des absences du personnel à l’aide de rapports journaliers et hebdomadaires. Ces documents devront être adressés à la délégation dans des délais fixés à l’avance.

La liste des absents sera affichée sur un tableau en précisant la durée et les causes de l’absence. Les enseignants autorisés à exercer dans le secteur privé font également l’objet d’un suivi rigoureux pour ne pas dépasser le nombre d’heures accordées. Toujours dans le même registre, les enseignants seront dans l’obligation d’être présents dans l’établissement à partir de la date de signature du PV de reprise au début de l’année scolaire. De même, ils ne pourront partir en vacances d’été qu’après avoir paraphé les PV de départ. En cas de non-observation de ces dispositions, ils seront considérés en situation irrégulière.

Au niveau de la délégation et de l’académie, on procédera à un travail de coordination et de centralisation des données avec un renforcement des contrôles administratifs et pédagogiques. Pour ce dernier volet qui est assuré par les inspecteurs, il faut revoir les procédures réglementant le travail de cette catégorie du corps enseignant, fait remarquer un directeur d’académie. Car, une grande partie des inspecteurs sont installés dans des villes situées hors région de leur responsabilité, s’agissant du contrôle et d’encadrement pédagogique.

A titre d’exemple, les 20 inspecteurs affectés à la région de Laâyoune ne résident pas dans cette zone. D’autres mesures sont annoncées pour lutter contre l’utilisation abusive des certificats médicaux. Premier travail à faire donc : actualiser les textes réglementaires surtout la note de service n°19 du 17 mars 2004. Il s’agirait aussi de renforcer la coordination avec les services de la Santé publique pour activer la procédure de l’homologation des certificats médicaux.

Les conditions de réussite

La réussite de cette stratégie de décentralisation demeure liée à deux mesures d’accompagnement. La première tient à l’informatisation de la gestion des ressources humaines. A ce sujet, le ministère a lancé une étude pour l’acquisition d’un logiciel de gestion des RH intégrée. La seconde mesure vise la mobilisation et l’implication de toutes les parties concernées par ce chantier. C’est pour cette raison que le ministère prévoit une campagne de sensibilisation ciblant aussi bien l’enseignant que l’élève et ses parents.

Source : L’Economiste - Nour Eddine El Aissi

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