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Arrêté, puis libéré, Hassan Kettani, le chef spirituel de la Salafiya inculpé

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21 février 2003 - 14h57 - Maroc

Rebondissement dans l’affaire de Hassan Kettani. Arrêté il y a près de deux semaines, puis relâché, le personnage a été remis aux arrêts sur ordre du procureur général du Roi près la Cour d’appel de Rabat. Cette arrestation a eu lieu mardi dernier. Mais le mis en cause a été relâché quelques heures après son arrestation.

Il est accusé de participation à la constitution de bande criminelle, d’usurper la fonction de prêcheur et d’animer une association non autorisée. Sa dernière arrestation est due, selon nos sources, à un prêche particulièrement violent, dont ce personnage est un habitué.

Hassan Kettani, chef déclaré de la mouvance Salafiya Jihadia, s’est particulièrement fait distinguer par sa diatribe au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, contre une cérémonie en hommage aux victimes qui a été organisée au Maroc.

A l’époque, quelques membres de la nébuleuse intégriste ont signé une prétendue fatwa, dont Hassan Kettani était l’un des principaux instigateurs pour ex-communier et accuser d’apostasie tous ceux qui ont participé à la cérémonie qui a eu lieu dans la Cathédrale à Rabat, dont notamment les membres du gouvernement et des représentants de toutes les forces politiques et le milieu associatif du Maroc.

Une ex-communication doublée de l’éloge de la nébuleuse de Ben Laden, l’apologie du terrorisme et entre autres joyeusetés que contenait la prétendue fatwa de Kettani et consorts.

Mais le personnage a aussi été longuement cité comme référence dans les différentes affaires d’actes criminels commis par la secte Salafiya, par les adeptes même de cette dernière.

C’est le cas notamment dans l’affaire de la milice intégriste qui a défrayé la chronique judiciaire à Fès, en usurpant la fonction de la police contre les citoyens de plusieurs quartiers, en molestant bon nombre d’entre eux et en rackettant d’autres. Près d’une dizaine parmi les membres de cette milice intégriste ont été condamnés à de légères peines de prison il y a quelques mois.

Un certain Abou Hafs, chef du groupe qui se réfère beaucoup à Hassan Ketani, a pour sa part contribué aux méfaits de ses ouailles, en les encourageant, mais aussi, en disposant par la force du poste de prêcheur dans la mosquée d’un quartier populaire de Fès. Pour la circonstance, il avait renvoyé le théologien qui officiait de manière officielle dans ladite mosquée.

Tout ce beau mondeet d’autres groupes de la même secte se réfèrent à Hassan Kettani, qui est lui-même en rupture de ban avec les procédures réglementant les missions de change des théologiens, en s’adonnant aux prêches et en organisant les cérémonies de prêches alors qu’il n’en avait ni l’autorisation, ni l’autorité. Ses sermons et prêches sont d’une violence extrême et constituent l’occasion pour la distribution des verdicts d’excommunication et la diffusion de la haine.

L’arrestation, début février, de ce personnage, faisait suite à la multiplication des aveux des différents mis en cause, dans les différentes enquêtes qui concernent les membres des groupes de cette nébuleuse intégriste.

Et c’est dans le cadre de ces mêmes enquêtes que semble être inculpé, une nouvelle fois, Hassan Kettani.

Libération (Casablanca)

Mots clés: Terrorisme , Procès , Prison , Hassan Kettani , Omar El Haddouchi

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