Assurance maladie : Le Maroc fait le grand saut

18 mai 2004 - 18h03 - Maroc - Ecrit par :

Un régime universel et obligatoire d’assurance maladie dès 2005 ? S’agissant du Royaume du Maroc, c’est probablement l’un des progrès les plus marquants observés depuis longtemps, en matière de santé publique, au niveau des pays en développement.

A la veille de l’ouverture des travaux de la 57ème Assemblée générale de l’OMS, cette information a été confirmée dimanche soir à Genève par Mr Mohamed Cheikh Biadillah, Ministre de la Santé du Maroc. Il s’exprimait dans le cadre de la réunion des délégations francophones à l’Assemblée, organisée par l’organisation professionnelle des industries du médicament en France -Le Leem- sous la présidence du Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, Mr Abdou Diouf.

Ce n’est pas rien. La France -inventeur de la sécurité sociale- se débat dans les difficultés que l’on sait pour assurer la pérennité de son système d’assurance maladie. Les Etats-Unis eux, se positionnent comme le phare de la démocratie et de l’égalité. Unique super-puissance au monde, ils comptent plus de 20 millions de laissés-pour-compte de la protection sociale. Quant à la masse de leurs citoyens, elle doit recourir à des systèmes d’assurance maladie -privés ou publics- porteurs d’inégalités flagrantes... Avec ses 30 millions d’habitants et un PIB de seulement 1 450 dollars américains, le "petit" Royaume chérifien entre donc de plain-pied dans la cour des grands.

Avec un tableau de résultats déjà éloquent : en à peine quelques années par exemple, l’indice synthétique de fécondité de sa population est passé de 3,1 à 2,5. Preuve du succès et de la bonne assimilation des politiques de planification familiale. Les ressources humaines- professionnels et soignants- les infrastructures de soins sont au niveau de la zone Europe. Or le pays ne peut compter comme certains de ses voisins, sur des richesses naturelles autorisant des investissements massifs sans garanties...

Il semble également que les responsables chérifiens de la santé, alors qu’ils concevaient leur système de financement des soins, aient gardé le regard sur les pays voisins -ou non- et analysé leurs difficultés. L’Agence nationale de l’Assurance Maladie, mise en place à Rabat, a notamment pour mission, a souligné le ministre, "de réguler le système et gérer les flux financiers qui vont soutenir le RAMED", le Régime d’Assurance Médicale du Royaume. Les 15 sous-commissions spécialisées créées pour la circonstance ont semble-t-il bouclé leur feuille de route. Elles ont rendu leurs conclusions et "la couverture médicale de base devrait commencer de façon progressive à partir de janvier 2005". Avec un défi crucial : "élaborer des procédures de contrôle et de maîtrise des coûts du paquet de soins, qui doivent aussi inclure les médicaments". Nul doute que cette fois, c’est depuis la France que les regards se porteront de l’autre côté du détroit de Gibraltar...

yahoo.fr

Bladi.net Google News Suivez bladi.net sur Google News

Bladi.net sur WhatsApp Suivez bladi.net sur WhatsApp

Sujets associés : Santé - Mohammed Cheikh Biadillah - Sécurité sociale - Ramed

Ces articles devraient vous intéresser :

Maria, la sage-femme miraculée qui a aidé à accoucher pendant le séisme

Une sage-femme a aidé des femmes à accoucher au milieu du puissant et dévastateur séisme survenu le 8 septembre au Maroc qui a fait près de 3000 morts, plus de 5000 blessés et détruit des milliers de maisons.

Les banques marocaines se disent asphyxiées par les taxes

Afin d’élargir l’assiette fiscale, le gouvernement envisage de prendre de nouvelles mesures vis-à-vis des entreprises du secteur financier. Ainsi, à partir de 2026, les banques doivent supporter un taux de 40% sur leurs bénéfices et payer 5%...

Maroc : une contribution sociale de solidarité pour soutenir les plus pauvres

Le gouvernement envisage de réinstaurer en 2023, l’impôt de solidarité sur les bénéfices, pour assurer un meilleur financement du chantier de généralisation de la protection sociale.

L’acteur marocain Mustapha Zaari en mauvaise passe

L’acteur marocain Mustapha Zaari traverse une passe difficile en ce moment. Diagnostiqué d’un cancer de la prostate, il a été hospitalisé récemment à l’hôpital militaire de Rabat pour recevoir un traitement adéquat.

Maroc : les taxes sur les cigarettes électroniques passent à 40%

Les droits d’importation des cigarettes électroniques devraient passer de 2,5 à 40 % dès l’année prochaine. La mesure est très mal accueillie par les commerçants.

Atteint par le Covid-19, Noussair Mazraoui donne de ses nouvelles

L’international marocain Noussair Mazraoui a reçu le soutien de ses fans qui ont appris qu’il a attrapé le Covid-19 lors de sa participation à la coupe du monde Qatar 2022. À son tour, il leur a exprimé sa gratitude.

Covid-19 : les Marocains désertent les centres de vaccination

Au Maroc, ce n’est plus la grande affluence dans les centres de vaccination. La stabilité de la situation épidémiologique semble expliquer ce désintérêt des Marocains pour la vaccination contre le Covid-19.

"Lbouffa" : La cocaïne des pauvres qui inquiète le Maroc

Une nouvelle drogue appelée « Lbouffa » ou « cocaïne des pauvres », détruit les jeunes marocains en silence. Inquiétés par sa propagation rapide, les parents et acteurs de la société civile alertent sur les effets néfastes de cette drogue sur la santé...

Maroc-Israël : deux ans de relations fructueuses, selon Alona Fisher-Kamm

Mardi a été célébré le deuxième anniversaire de la reprise des relations entre le Maroc et Israël. Une occasion pour Alona Fisher-Kamm, cheffe par intérim du bureau de liaison de Tel-Aviv à Rabat, de faire le bilan de ce rapprochement.

Le Maroc forme 2800 médecins et 5600 infirmiers pour la médecine de famille

Afin de développer et consolider la médecine de famille en facilitant l’accès aux soins et services de santé aux Marocains, le gouvernement entend former 2800 médecins et 5600 infirmiers d’ici 2030.