C’est une mécanique de précision qui fait aujourd’hui l’envie de nombreuses fédérations africaines. Sous la présidence de Fouzi Lekjaâ, la FRMF a industrialisé la détection des binationaux, ne laissant plus aucune pépite passer entre les mailles du filet. Les cas d’Achraf Hakimi, Brahim Diaz ou Hakim Ziyech ne sont que la partie émergée de l’iceberg : derrière ces têtes d’affiche, c’est tout un système de surveillance qui opère en silence aux quatre coins de l’Europe, indique le journal Le Matin.
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Mohamed Ouahbi, sélectionneur des U20 (récemment sacrés champions du monde), a levé le voile sur cette organisation quasi-militaire. La Fédération travaille sur des listings exhaustifs alimentés par des dizaines de scouts. L’anecdote concernant Kaïs Barry est révélatrice de cette efficacité : alors que le joueur, fils de l’Ivoirien Copa Boubacar, n’était référencé comme Marocain sur aucun site spécialisé, il figurait déjà dans la base de données de la FRMF grâce à la nationalité de sa mère. « S’ils l’avaient, c’est qu’ils étaient très forts », résume le technicien.
L’approche se veut pourtant dénuée d’agressivité. Pas de chèque, pas de promesses intenables, mais un discours de vérité porté par Walid Regragui et ses équipes. « Nous leur présentons notre projet et leur transmettons l’amour de la patrie », expliquait le sélectionneur. Cette méthode douce, couplée à des infrastructures de classe mondiale comme le complexe Mohammed VI, a changé la donne.
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Avec la CAN 2025 à domicile et la perspective du Mondial 2030, le Maroc dispose désormais d’arguments sportifs irrésistibles. Les Lions de l’Atlas ne sont plus une option de repli, mais une destination privilégiée pour les jeunes talents comme Chemsdine Talbi ou Anass Salah-Eddine, qui n’hésitent plus à tourner le dos aux sélections européennes pour rejoindre le projet marocain.