Le Maroc, l’autre géant du football mondial
Le football marocain vit une période faste, marquée par des succès retentissants dans toutes les catégories d’âge. Cette ascension, loin d’être un simple concours de circonstances, est le fruit d’une stratégie de développement initiée il y a plus de quinze ans et qui porte aujourd’hui ses fruits sur la scène internationale.
La pierre angulaire de ce renouveau a été posée en 2007 avec la création de l’Académie Mohammed VI de football. Comme le rappelle Nasser Larguet, qui a dirigé l’établissement, cette initiative royale visait à « remédier aux problèmes de formation des jeunes » et à mettre en place un programme d’excellence, explique-t-il au journal Le Monde. L’impact a été rapide, avec l’émergence de talents comme Youssef En-Nesyri.
À lire : Qui est Mohamed Ouahbi, l’architecte discret de l’exploit du Maroc U20 ?
Cette stratégie a été renforcée et étendue à partir de 2014 avec l’arrivée de Fouzi Lekjaa à la tête de la fédération marocaine. Nommant Nasser Larguet directeur technique national, il a œuvré à appliquer les principes de l’académie à l’ensemble du pays. « Il a fait en sorte que le travail de l’académie soit appliqué à tous les centres du Maroc », souligne Larguet, citant le recrutement de cadres techniques dans les clubs et le renforcement des compétitions de jeunes.
Parallèlement, un travail de fond a été mené pour détecter et fidéliser les talents binationaux évoluant en Europe. « On a effectué un gros travail de persuasion de nos meilleurs jeunes en Europe en les détectant et en les sélectionnant très jeunes », explique Nasser Larguet. L’équipe U20 actuelle, finaliste de la Coupe du Monde, est l’illustration de cet équilibre réussi entre joueurs formés localement et binationaux.
Ces succès s’inscrivent dans une dynamique globale impressionnante : demi-finale à la Coupe du Monde 2022, record mondial de 16 victoires consécutives pour l’équipe A, médaille de bronze aux Jeux Olympiques 2024. Le Maroc s’affirme comme une puissance montante du football mondial, capable de rivaliser avec les meilleures nations.
À lire : Match France – Maroc : Yassine Gessime se moque de Lisandru Olmeta (vidéo)
Fort de ces résultats et de ses infrastructures modernisées, le pays s’apprête désormais à accueillir deux événements majeurs : la Coupe d’Afrique des Nations dans quelques mois, puis la Coupe du Monde 2030, co-organisée avec l’Espagne et le Portugal. Pour beaucoup d’observateurs, comme l’ancien sélectionneur Hervé Renard, le Maroc fait désormais partie des favoris pour la CAN et est capable de « faire encore mieux qu’en 2022 » lors du prochain Mondial.
Avant ces échéances, le peuple marocain vibrera ce soir pour la finale du Mondial U20 face à l’Argentine. Un engouement populaire qui témoigne, selon Nasser Larguet, du « retour de l’amour du Marocain pour son équipe nationale ». La fierté de s’identifier à une sélection qui a « du caractère et de la personnalité » est palpable dans tout le pays.