Maroc : un plan ambitieux et des bases de données “uniques” pour gagner le Mondial 2030
« Ici se trouve l’avenir du football ». Cette prophétie, formulée il y a un demi-siècle par l’entraîneur argentin Carlos Bilardo lors d’un passage à Casablanca, résonne aujourd’hui avec une acuité particulière. En 1975, après une défaite de son équipe d’Estudiantes face au MC Oujda, le technicien avait perçu le potentiel latent du Royaume.
Cinquante ans plus tard, l’histoire semble lui donner raison : entre le récent sacre mondial des U20 face à l’Argentine, la demi-finale historique au Qatar et une série en cours de 18 victoires pour l’équipe A, le Maroc s’affirme comme une puissance incontournable.
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Cette réussite actuelle est le résultat d’une stratégie de fond qui touche tous les étages du football national. Des sources proches de la Fédération marocaine décrivent un niveau de talent très élevé à la base, estimant que la moitié des jeunes joueurs locaux auraient les capacités pour évoluer dans les catégories inférieures de clubs comme le Real Madrid ou le FC Barcelone, écrit Ok Diario. Pour ne rien rater de ce potentiel, le pays s’appuie sur sa diaspora en Europe mais aussi sur un développement technologique avancé. La Fédération dispose de bases de données exhaustives permettant un suivi précis des joueurs, parfois supérieur à celui de grands clubs européens.
Une technologie et des centres fédéraux pour viser le Mondial 2030
Cette structuration est orchestrée en coulisses par Fathi Jamal, figure influente du football local. Le système mis en place permet à l’instance fédérale d’exercer un contrôle technique sur le développement des clubs, en surveillant les paramètres physiques et tactiques des joueurs. L’approche repose sur une détection verticale et l’utilisation de quatre centres fédéraux répartis dans le pays. Les meilleurs talents y sont regroupés une fois par semaine pour s’entraîner selon un modèle de jeu unifié, avant de rejoindre leurs clubs le week-end.
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L’ambition de ce plan est clairement tournée vers l’avenir, avec en ligne de mire la Coupe du Monde 2026 et surtout l’édition 2030, co-organisée avec l’Espagne et le Portugal. Le projet, qui a germé lors de l’épopée du Qatar, vise désormais le titre suprême. Comme le résument les observateurs, le Maroc dispose d’un “pétrole” footballistique qu’il commence enfin à extraire, confirmant la vision prémonitoire de Bilardo.