Après les revers des années 2004 à 2010 et le déclin des grands clubs nationaux, le roi Mohammed VI a impulsé un changement de cap radical en ordonnant la création d’un centre de formation aux standards internationaux. Nommé à la tête de ce projet, Nasser Larguet a instauré au sein de l’Académie Mohammed VI un environnement d’excellence, mêlant entraînements biquotidiens, suivi médical rigoureux et scolarité obligatoire. Cette approche a porté ses fruits de manière spectaculaire : sur 57 joueurs recrutés à l’époque, 47 sont devenus professionnels et 15 évoluent en Europe. Cette structure a façonné l’ossature de l’équipe nationale actuelle, formant des cadres comme Nayef Aguerd, Youssef En-Nesyri ou Azzedine Ounahi, et alimentant les sélections olympiques et U20.
Un changement de paradigme pour les binationaux et les entraîneurs
L’arrivée de Fouzi Lekjaa à la tête de la Fédération en 2014 a marqué un second tournant décisif, étendant cette rigueur à l’ensemble du football national. En tant que Directeur Technique National, Larguet a œuvré pour professionnaliser les clubs et réformer la stratégie envers les binationaux. L’approche consistant à récupérer des joueurs de 25 ans « par défaut » a été abandonnée au profit d’une détection précoce dès 13 ou 14 ans, en ciblant uniquement les talents supérieurs aux joueurs locaux, explique Larguet à RMC Sport.
Cette méthode a permis d’identifier très tôt des profils comme Achraf Hakimi, éblouissant lors d’un stage en Bretagne. Parallèlement, la formation des techniciens a été priorisée avec la création de la première licence pro d’entraîneur africaine, dont sont issus Walid Regragui, Tarik Sektioui et Jamal Sellami, garantissant ainsi une montée en compétence globale de l’encadrement technique marocain.