Lamine Yamal : pourquoi le Maroc a perdu la bataille contre l’Espagne
Le dossier Lamine Yamal est clos, mais l’analyse de son choix sportif continue de faire débat. Nasser Larguet, ancien directeur technique national du football marocain, estime que le Royaume a perdu la bataille pour la pépite du FC Barcelone en raison d’un retard à l’allumage, laissant le champ libre à la fédération espagnole pour sécuriser le joueur.
Dans un entretien accordé à RMC Sport, l’ancien directeur de l’Académie Mohammed VI a livré un diagnostic sans concession. Selon lui, les Lions de l’Atlas ont tenté leur chance bien trop tard. « Lamine Yamal est déjà dans les tuyaux de la sélection espagnole quand vous tapez à sa porte », explique-t-il. Pour le technicien, une fois que le joueur a intégré la dynamique de l’équipe première espagnole, les chances de le convaincre de changer de nationalité sportive deviennent minimes, chiffrant la probabilité d’échec à 80 %.
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Nasser Larguet est persuadé qu’une approche plus précoce aurait pu tout changer. « Si on était allé chercher Lamine Yamal à 15 ans, je pense qu’on aurait été à 50-50 avec l’Espagne », assure-t-il. Ce timing a permis à la Roja de verrouiller le prodige, qui avait clairement affiché son ambition de remporter l’Euro, un rêve réalisé l’été dernier.
Pressions familiales et stratégie espagnole
Cette analyse rejoint les témoignages des dirigeants espagnols, qui ont dû manœuvrer habilement face à l’offensive marocaine. Si Francis Hernández, de la fédération espagnole, affirme que le joueur « n’a pas hésité », Albert Luque, ancien directeur sportif, décrit un contexte plus tendu en coulisses. Il a révélé avoir dû gérer les craintes du père du joueur, qui subissait une forte pression et redoutait les réactions au Maroc.
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Pour contrer les tentatives de persuasion du gouvernement marocain et du sélectionneur Walid Regragui, la fédération espagnole a dû accélérer le processus. Albert Luque a même confessé avoir eu recours à un « petit mensonge » auprès de la mère de Lamine Yamal. Pour la convaincre, il lui a assuré que la convocation de son fils en équipe A était uniquement due à son niveau de préparation exceptionnel et non à une stratégie politique pour bloquer le Maroc, alors que la réalité était plus nuancée.