210 cellules terroristes démantelées au Maroc depuis 2002

19 mai 2021 - 11h20 - Maroc - Ecrit par : J.D

Dix-huit ans après les attentats de Casablanca (16 mai 2003) qui ont fait 45 morts et des dizaines de blessés, l’approche sécuritaire adoptée par le Maroc pour faire face aux dangers et menaces terroristes, semble produire des résultats tangibles. Lundi, jour anniversaire de ces attaques de Casablanca, le tableau dressé par le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ) relève une véritable offensive antiterroriste menée par le royaume à l’interne comme à l’international.

Dressant un point d’étape de la lutte anti-terroriste, le Contrôleur général au Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ), Mohamed Nifaoui a indiqué que la stratégie marocaine depuis 2002, a conduit au démantèlement de 210 cellules terroristes, à l’arrestation de 4 304 individus ou encore à l’avortement de plus de 500 projets destructeurs.

Pour faire face aux dangers terroristes qui le guettent, le Maroc adopte une approche sécuritaire globale, inclusive et multidimensionnelle, a-t-il soutenu avant de souligner que le BCIJ a réalisé des résultats positifs en matière de lutte contre la criminalité, parvenant à démanteler 83 cellules terroristes, dont 77 sans lien avec Daech.

Par ailleurs, 21 cellules terroristes ont été démantelées en 2015, contre 19 en 2016, 9 en 2017, 11 en 2018, 14 en 2019, 8 en 2020 et une cellule en 2021. Huit de ces cellules étaient armées, a informé Mohamed Nifaoui qui note également l’interpellation de 1 347 personnes dans le cadre d’affaires terroristes, dont 54 ayant des antécédents judiciaires dans des affaires de terrorisme, 14 femmes et 34 mineurs.

Concernant les personnes de retour des zones de conflits, le BCIJ a traité 137 cas, dont 115 de retour de la zone syro-irakienne, 14 de Libye et 8 personnes qui ont été rapatriées de la Syrie, a-t-il précisé.
Nifaoui a en outre fait état de la présence de quelque 1 659 combattants marocains sur la zone de conflit syro-irakienne, dont 225 ayant des antécédents dans le cadre d’affaires de terrorisme, alors que le nombre de ceux de retour dans le pays a atteint 270 personnes, dont 137 ont vu leurs cas traités par le BCIJ, alors que 745 autres ont trouvé la mort sur le terrain, la plupart en menant des attentats-suicides.

Quant aux femmes, elles sont environ 288 à avoir rejoint la zone syro-irakienne, dont seulement 99 sont rentrées au pays, en plus de 391 enfants, dont seulement 82 sont rentrés, a-t-il précisé, tout en notant que le Maroc a aussi contribué à mettre en échec des projets terroristes à l’étranger, à travers la coordination et la coopération conjointes avec ses partenaires et l’échange d’informations et d’expériences.

Selon le Contrôleur général au Bureau central d’investigations judiciaires, les réussites enregistrées sur le plan sécuritaire s’expliquent par l’approche sécuritaire proactive, appuyée par une législation juridique. Cette approche aura permis le démantèlement de plusieurs cellules terroristes et la mise en échec de plusieurs opérations destructrices, surtout après l’apparition de la soi-disant organisation État islamique sur la scène du conflit dans la région syro-irakienne et l’émergence de ses cellules dans d’autres régions du monde, a-t-il insisté.

Sujets associés : Casablanca - Terrorisme - Droits et Justice - Criminalité - Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ) - Attentat - Arrestation

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