Immobilier : chute des ventes à Marrakech, Casablanca et Rabat résistent

- 19h34 - Maroc - Ecrit par : L.A

En dépit du ralentissement sensible de l’économie, l’immobilier de luxe semble toujours avoir le vent en poupe et les grands groupes aussi bien nationaux qu’internationaux multiplient les annonces sur leurs produits. Golf à Bouskoura, resort à Marrakech, riad, villas... L’affichage et la presse écrite sont sollicités pour des campagnes de communication de grande ampleur. Reste à savoir si le marché est réellement porteur. Autrement dit, est-ce que le segment du luxe arrive à tirer son épingle du jeu dans un contexte de crise immobilière internationale ?

A en croire les professionnels du secteur, la réponse varie en fonction de plusieurs critères. A commencer par celui du lieu du projet immobilier. « Nous continuons de vendre sans baisser les prix, mais le rythme a nettement baissé à Marrakech. A Casablanca et Rabat, en revanche, la demande n’a pas beaucoup fléchi », soutient Karim Belmaâchi, DG d’Alliances Développement.

Le lieu d’implantation, la ville, est aussi déterminant. « A Casablanca et Rabat, nos produits peuvent très bien être considérés comme des résidences principales. Mais on ne peut pas en dire autant des résidences de la ville ocre où les clients ne peuvent acquérir que des résidences secondaires. Et dans un contexte de crise, le secondaire ne fait pas le poids devant le principal », ajoute M. Belmaâchi.

Rares sont les promoteurs étrangers qui s’en sortent

Un avis largement partagé par Rachid Khayatey, DG de KLK Immobilier et vice-président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI). Selon lui, la crise n’est pas uniforme, elle se ressent différemment selon que l’on se trouve dans des villes touristiques ou pas. « Dans l’axe Casablanca-Rabat, l’activité connaît une toute petite baisse de 10 à 15%, mais à Marrakech, le ralentissement des ventes est beaucoup plus visible », confirme M. Khayatey.

Youssef Ibn Mansour, président de la FNPI, estime pour sa part que la crise immobilière mondiale a beaucoup impacté le revenu de la clientèle cible, notamment les Français et les Espagnols. « Ce qui a conduit à un tassement des ventes pour ces projets. Sachant que plusieurs de ces opérateurs réalisent leurs ventes sur plan (ndlr, en l’état futur d’achèvement), le ralentissement des ventes empêche l’avancement du projet puisque les avances des clients permettent aux promoteurs de poursuivre la construction », analyse M. Ibn Mansour. Selon lui, sur la dizaine de promoteurs étrangers qui s’intéressent à l’immobilier de luxe, rares sont ceux qui tirent leur épingle du jeu. « On peut d’ailleurs citer dans cette catégorie des investisseurs du Golfe tel que Emâar, Sama Dubaï ou encore CMKD. Ces derniers souffrent moins des problème de trésorerie et sont donc moins sensibles au tassement des ventes », explique M. Ibn Mansour. Quant à Youssef Benamour, DG de Hamptons International Afrique du nord, filiale d’Emaar qui commercialise plusieurs projets de luxe au Maroc, il est d’avis que le « grand » luxe ne souffre pas de la crise immobilière. En revanche, précise-t-il, « l’immobilier haut standing connaît un ralentissement surtout à Marrakech en raison de l’abondance de l’offre dans cette ville ».

Quoi qu’il en soit, tassement des ventes ou pas, tous les professionnels du secteur s’accordent à dire que la baisse des prix n’interviendra pas sans pression sur les promoteurs. Autrement dit, « ce sont les promoteurs qui comptent sur les avances des clients pour construire qui seront pris à la gorge et qui seront, peut être, les premiers à baisser leurs prix », prévoit M. Ibn Mansour. Reste à savoir quand se réalisera la prophétie ?

Source : La vie éco - Naoufal Belghazi

  • Immobilier de luxe : les craintes se confirment

    Si une ville comme Casablanca arrive à tirer son épingle du jeu dans une conjoncture de récession économique, il n'en est pas de même pour Marrakech et Tanger qui sont en net manque de clientèle. Les raisons sont multiples. La capitale économique avait misé sur une clientèle locale, ses projets ont répondu à des besoins en résidences principales et ses prix n'ont pas connu la fulgurante ascension observée dans la ville ocre et celle du Détroit...

  • Haut standing : Après l'euphorie, retour à la normale

    Le ralentissement des transactions sur le segment du haut standing est expliqué différemment par les promoteurs immobiliers. Certains l'attribuent à la baisse importante de la demande étrangère, d'autres relèvent à un « retour à la normale » après l'euphorie de ces dernières années.

  • Immobilier : les prix chutent de 30 à 40% à Tanger et Marrakech

    Durant ces trois derniers mois, l'évolution du marché de l'immobilier au Maroc varie d'un standing à un autre. Dans haut standing, segment le touché par la crise immobilière, les ventes se font de plus en plus rares, selon Youssef Ibn Mansour, président de la Fédération nationale des professionnels de l'immobilier (FNPI).

  • Nouvelles perspectives immobilières

    Alors que le marché haut de gamme connaît un fléchissement dans le contexte de la récession mondiale, le marché immobilier au Maroc se tourne vers les logements à bas et moyens prix destinés aux ménages à revenus modestes.

  • Immobilier à Tanger : Heureusement qu'il y a des MRE !

    Pour Asma Larbi, gérante de l'agence NREA, la situation n'a rien d'alarmant dans la ville du détroit même s'il y a quelques signes d'inquiétude : « le nombre de requêtes quotidiennes que nous recevons par mail a chuté de 30% par rapport à 2008 ». L'intérêt pour le produit immobilier à Tanger reste intact, mais les acheteurs prennent plus de temps avant de se décider, constate-t-elle. Les futurs acquéreurs temporisent d'autant que les prix, tous segments confondus, n'ont pas connu de variation notable.

  • Immobilier au Maroc : la baisse continue

    Les officiels et des patrons de grandes sociétés de promotion immobilière multiplient les sorties médiatiques pour soutenir que le marché du logement n'est pas touché par la crise. A leurs déclarations s'oppose l'évolution très molle depuis quelques mois des crédits immobiliers accordés aux particuliers, particulièrement durant les quatre premiers mois de l'année 2009.

  • Immobilier : les promoteurs interpellent l'Intérieur

    C'est sur un nouveau front que se déroule la toute dernière bataille des promoteurs immobiliers. La loi des Finances ayant été bouclée il y a plus d'un mois, les discussions d'ordre fiscal ne sont plus d'actualité. Ce sont plutôt les questions relevant de l'administratif qui interpellent en ce début d'année.

  • Le ralentissement du marché immobilier fait baisser la part du noir

    « A quelque chose malheur est bon ». Ceux qui sont à la recherche d'un logement en ce moment apprécieront certainement ce vieil adage. Car s'il laisse les professionnels de l'immobilier dans l'expectative, le marasme que vit le marché de l'immobilier marocain profite aux acheteurs pour deux raisons.

  • Tanger : 2008, année noire pour l'immobilier

    C'est au milieu d'une indifférence généralisée que Tanger a reçu la nouvelle année 2009. Les gens qui étaient censés fêter le Nouvel An n'étaient pas de la partie cette année. Non seulement au niveau des touristes mais aussi au niveau du tissu économique de la ville. C'est que 2008 n'est pas une année qu'on oubliera rapidement.

  • Immobilier : la reprise pour bientôt ?

    Grand succès de la 2e édition du Salon international de la promotion immobilière « Darna » qui s'est achevée le 1er mars. Initiée par le ministère de l'Habitat, de l'Urbanisme et de l'Aménagement de l'espace et la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI), cette édition attendait quelque 40.000 visiteurs, selon ses organisateurs.