Code de la famille : La femme du Maroc d’en bas

- 14h47 - Maroc - Ecrit par :

Le nouveau code de la famille, dont S.M le Roi a souligné les grandes lignes dans son discours d’ouverture de la session parlementaire du vendredi 10 octobre, va incessamment entrer en vigueur.

Salué par les observateurs marocains et étrangers comme une avancée de taille qui consacre le principe d’égalité entre l’homme et la femme, ce code a permis au Maroc de faire un grand bond en avant sur la voie de la modernité. Texte qualifié par certains de révolutionnaire qui prend en compte les exigences de la modernité tout en respectant l’esprit de la Chariâa, la Moudawana répond dans une large mesure aux revendications de la femme marocaine notamment par rapport à la question de la polygamie dont les militantes féministes ont longtemps réclamé l’interdiction. Dans le cadre de cette nouvelle réforme volontariste et audacieuse, celle-ci n’est plus un droit pour l’homme soumise qu’elle est maintenant à l’autorisation du juge.

En un mot, les nouvelles dispositions apportées par la nouvelle réforme sont de nature à installer un nouvel équilibre au sein de la cellule familiale et des relations claires entre les deux partenaires. En fait, la Moudawana vue et corrigée vise à travers les modifications introduites à garantir les droits de la femme qui, sous l’ancien texte, se retrouve souvent sans moyens de défense ni de subsistance en cas de divorce. La situation se révèle particulièrement dramatique pour l’épouse lorsqu’elle n’est pas économiquement autonome et doit élever toute seule ses enfants. Le nouveau texte concourt dans sa finalité à lever l’injustice faite à la moitié de la société et à la rétablir dans ses droits fondamentaux de partenaire à part entière. Cela dit, la femme marocaine est plurielle en ce sens où les profils différèrent et les problèmes aussi selon qu’elle vit dans le Maroc des villes ou dans celui des champs.

La femme urbaine est instruite, dispose d’un emploi et accède aux attributs de la modernité. Ce qui n’est pas le cas de la femme rurale qui, victime de l’analphabétisme, travaille durement, souvent plus que le mari, et ce sans toucher de contrepartie financière. C’est dans le Maroc profond que le nouveau code du statut personnel a besoin d’être vulgarisé et expliqué pour une amélioration de la condition socio-économique de la femme. C’est pour cela que l’émancipation de la femme marocaine dans sa diversité socio-culturelle est liée essentiellement à l’évolution de la société marocaine dans son ensemble. Cela dit, un texte aussi sensible et complexe est difficilement amendable par les députés quand bien même ont-ils pour mission de légiférer. La commission consultative chargée de la révision du code de statut personnel présidée par M’Hamed Boucetta n’a-t-elle pas rencontré des difficultés énormes pour déblayer un terrain très glissant et parvenir in fine à un consensus sur les aspects à réformer ? C’est pour cela que les membres de la commission de la Justice, de la législation et des Droits de l’homme ont décidé de ne pas toucher au fond du projet et de se contenter juste de faire des amendements collectifs d’ordre “procédural“. Aussi l’esprit du code et sa philosophie seront-t-il sauvegardés.

Aujourd’hui le Maroc

  • Le projet de Code de la famille ( Moudawana ) adopté en commission

    Le projet de nouveau Code marocain de la famille, qui réforme en profondeur la situation de la femme dans le royaume, a été adopté à l'unanimité par la commission parlementaire chargée de l'examiner, a-t-on appris jeudi à la Chambre des représentants à Rabat.

  • La Moudawana est définitivement adoptée au Parlement marocain

    Une semaine après la chambre des Représentants, la chambre des Conseillers, la chambre haute du Parlement marocain, a adopté à l'unanimité, vendredi, la loi sur la réforme du code de la famille (Moudawana) qui vise à consacrer « l'égalité juridique entre l'homme et la femme ».

  • Aïcha Belqaïd : le combat d'une femme libre

    Dans quelques semaines, les Marocains se doteront d'un nouveau Code de la famille. Une réforme vécue dans ce pays comme une révolution sociale. Faire évoluer les mentalités, changer le statut de la femme, garantir les droits de l'enfant... Autant de dossiers sensibles dont Aïcha Belqaïd, professeur de droit à Rabat et femme politique, se fait l'avocate.

  • Vers une réforme du code de la nationalité au Maroc

    L'article 6 du code de la nationalité marocaine est clair. “Est Marocain, l'enfant né d'un père marocain ; l'enfant né d'une mère marocaine et d'un père inconnu“. En d'autres termes, la filiation légitime pour l'attribution de la nationalité marocaine est paternelle. La mère peut conférer la qualité de Marocains à ses enfants, dans le seul cas où le père de ses enfants serait inconnu ou “apatride“.

  • Maroc : campagne d'explication pour la réforme du statut des femmes

    Les organisations féminines marocaines mènent une campagne soutenue pour vulgariser et favoriser l'application d'une réforme profonde du statut des femmes, entrée en vigueur en février dernier, à l'occasion de la journée mondiale de la Femme.

  • La Moudawana au centre d'une conférence au Conseil de l'Europe

    Le code de la famille adopté récemment par le Parlement marocain fera l'objet mercredi d'une conférence à l'Assemblée parlementaire européenne à Strasbourg sous le thème "Droit musulman et droit des femmes : la réforme du code de la famille au Maroc".

  • Le parti islamiste soutient le nouveau code de la famille

    Le parti islamiste marocain Justice et Développement (PJD) a salué le projet de nouveau code de la famille annoncé par le roi Mohammed VI. La réforme accorde plus de droits aux femmes et pose de sévères conditions à la polygamie et à la répudiation.

  • La Moudawana tarde à s'imposer

    Adopté il y a un an, le code marocain de la famille qui a réformé en profondeur le droit des femmes fait face à des difficultés de mise en œuvre, des associations féminines dénonçant notamment le "conservatisme" des juges.

  • Le Roi déterminé à assurer la mise en œuvre effective du Code de la Famille

    S.M. le Roi a reçu, hier à la Salle du Trône du Palais Royal à Rabat, les présidents de la Chambre des représentants, M. Abdelouahed Radi, et de la Chambre des conseillers, M. Mustapha Oukacha, qui ont remis au Souverain le code de la famille adopté à l'unanimité par le Parlement.

  • Nécessité de réformer le statut de la femme au Maroc

    L'évolution socio-économique du Maroc rend "nécessaire" l'amélioration du code de la famille et du statut de la femme, a déclaré dimanche Mme Zoulikha Nasri, conseillère du roi Mohammed VI lors du 13ème sommet mondial de la Femme à Marrakech (sud).