Comment sont vus les MRE dans leur pays d’accueil ?

- 19h08 - Espagne - Ecrit par :

Après l‘échec du sommet de Séville et devant la complexité du problème économique politique et humain de l’immigration l’Europe incapable d‘harmoniser sa législation prend des mesures en ordre dispersé.
Le mouvement général de durcissement des lois se fait donc au niveau national.
On va juger ici des grandes disparités d‘approche des principaux pays européens mais aussi de la tendance générale.

La France
La droite revenue totalement au pouvoir a toujours, derrière jacques Chirac, refusé l‘amalgame insécurité- immigration.
Ce pays n‘entend pas semble-t-il malgré le succès de Le Pen au premier tour de la présidentielle durcir ses lois.
En France le droit d’asile donne accès à un permis de séjour de trois mois et à des allocations .
Pour les clandestins dans les faits les reconduites à la frontière sont très rares .
Les immigrés bénéficient largement du regroupement familial qui est devenu, avec 80000 entrées par an, la principale origine de l‘augmentation de l‘immigration légale. La France malgré des difficultés veut maintenir une ligne humaine et équilibrée.

Italie
La droite au pouvoir doit tenir compte de ses alliés de l’alliance nationale et de la ligue du nord deux partis de gouvernement très droitiers .
Le durcissement est évident. Toute carte de séjour est liée à un contrat de travail. Les clandestins sont expulsés et emprisonnés en cas de récidive . Le regroupement familial est limité en fait aux enfants mineurs. L‘Italie veut frapper les passeurs clandestins durement par les amendes et la prison et n’a pas de véritable politique d’asile .
Ce pays qui paraissait un paradis de l‘immigration a changé de cap malgré les protestations de la gauche et des associations .

Espagne
Madrid réduit le regroupement familial en s’alignant sur l’Allemagne et en le limitant aux moins de 16 ans .
Aznar revient sur la possibilité de légalisation des clandestins qui séjournent dans le pays depuis plus de 5 ans. Dans les faits l’expulsion des Marocains se fait dans les 72 heures. Ce qui est un cas unique en Europe et l‘un des éléments des rapports difficiles entre les deux pays depuis des mois. L’Espagne qui ne connaît pas de mouvements populistes menaçant sa droite a décidé, semble-t-il, de prendre la direction de l’Europe des durs sur l‘immigration et l‘échec de Séville dans ce domaine a été, nous l‘avons vu un échec d‘Aznar .

L’Allemagne
Ce pays pratique une politique de quotas avec les pays partenaires depuis la chute de l‘URSS à l‘Est.
Cette politique favorise une immigration des cerveaux, une tendance que l‘on voit en France depuis peu également avec la carte de séjour pour les chercheurs. Le regroupement familial sera limité lui aussi aux enfants mais de moins de 12ans.
L’Allemagne veut obliger les pays à reprendre leurs clandestins quand la nationalité de ces derniers est prouvée et veut réduire le statut de réfugié. Il s’agit là d‘endiguer le flot de l’Europe de l’Est mais aussi et surtout de Turquie avec notamment les réfugiés Kurdes.
On trouve la même politique en Autriche avec l‘obligation de parler allemand. Les étrangers ont 5 ans, faute de quoi ils peuvent perdre leur statut et risquent l’expulsion.

La Grande Bretagne
Tony Blair envisage une limitation du droit d’asile, la reconduite à la frontière des réfugiés. L‘immigration en GB est avant tout économique mais le royaume était très largement ouvert aux réfugiés des pays membres du Commenwealth. Quand on était sur le territoire de la GB on était tranquille, le contrôle d‘identité étant interdit, mais cela aussi a changé. La GB préconise une ligne dure avec l‘interception par la marine de bateaux de réfugiés loin de chez elle et la fermeture du camp de transit de Sangate sur le territoire Français.

Pays Bas
Sous la poussée des populistes, la Hollande si généreuse par tradition, limite le regroupement familial et expulse les demandeurs d’asiles sans papiers d’identité.
C‘est la rupture la plus nette avec le Danemark (où pourtant il y a très peu d’immigration) vis-à-vis d’une politique d‘hospitalité et de générosité qui dans le droit protégeait l’immigré même sans papiers.
On peut donc conclure que l‘Europe a tendance à durcir ses lois et à fermer ses portes.
Ce qui a été refusé à Séville paraît parfois se mettre en place dans certains pays d‘immigration .
L’immigré, de plus en plus, pour devenir résident régulier devra obtenir un permis de travail avant sa carte de séjour.
Ce permis de travail fixera la durée en fait du permis de séjour et le regroupement familial sera moins familial .
Pour les clandestins c‘est la fermeté et la répression qui est envisagée avec une lutte contre les filières mafieuses pour décourager les exploiteurs de la misère et du rêve.
Le droit d‘asile politique se réduit également comme une peau de chagrin. La misère économique est de moins en moins prise en compte comme étant un état de nécessité, il faut une persécution politique avérée ou une guerre.
Pour certains, cette évolution est inhumaine, mais pour d’autres, elle est insuffisante. L’Europe subit sur l’immigration une pression de partis extrémistes qui sont plus ou moins contenus mais qui vont se trouver considérablement renforcés par l’ouverture à l’Est qui va incomber à la présidence danoise.

Source : le Reporter

  • Un chauffeur arrêté pour homicide par négligence de clandestins

    La police espagnole a placé en détention préventive un chauffeur de camion marocain pour homicide par négligence au lendemain de la découverte dans sa remorque des corps de quatre clandestins marocains présumés.

  • Espagne : 35.755 ressortissants marocains régularisés

    Quelque 35.755 ressortissants marocains ont obtenu le permis de résidence en Espagne durant sur les cinq dernières années via la procédure du regroupement familial sur un total de 158.060 immigrés, selon le ministère espagnol du Travail et des Affaires sociales.

  • Melilla, porte africaine pour l'Europe

    Sur une colline à l'écart de la ville, le centre d'accueil de la Très Pure Conception est gardé par deux surveillants armés qui interdisent l'entrée à tout visiteur. Cet ancien fort militaire, où sont hébergés 41 adolescents marocains, a un parfum de soufre. Le 27 mai, un éducateur a été frappé à coups de pierres par quatre jeunes du centre en état d'ivresse, avant de sombrer dans le coma. L'agression a secoué Melilla, une enclave espagnole de 12,3 km2 sur la côte du rif marocain occupée depuis le XVe siècle. Car cet acte de violence n'était pas le premier : le 13 mai, dans le Baluarte San Pedro, un autre centre d'accueil, une dizaine de mineurs marocains s'étaient battus à coups de barre de fer avec la police. Depuis, dans les rues bordées de palmiers de Melilla, les manifestations dénonçant l'insécurité croissante se succèdent.

  • Espagne : plus de 10 000 Marocains obtiennent la carte de résidence

    Le gouvernement espagnol a accordé aux étrangers, en 2001, un total de 23.023 cartes de résidence pour regroupement familial, dont 10.749 à des ressortissants marocains, rapporte dimanche l'agence Europa Press.

  • Comment Madrid tente de faire face à une immigration qui la dépasse

    Débordement. L'Espagne peine à faire face à son immigration. Plus particulièrement aux multiples et incessants flux migratoires qui en ont fait une nouvelle terre d'accueil de l'immigration. Flux que les responsables espagnols de tous bords avouent n'avoir pas pu voir venir. En avoir été pris de court.

  • Ce que l'Algérie et l'Espagne ne réalisent pas

    Il y a quelques années encore, le Maroc était très vulnérable. La communauté internationale lui reprochait son déficit en démocratie. Ses relations internationales s'en ressentaient. Il était donc facile pour ses adversaires de le mettre en mauvaise posture. Et ils ne s'en sont nullement privés. S'il est un pays qui a excellé en cela, c'est bien le "frère" et voisin algérien. Notamment à la faveur du conflit du Sahara. Il était tellement facile de discréditer une monarchie qui focalisait l'attention en matière de droits de l'Homme !

  • Les enfants du Maghreb, premières victimes des mouvements de migration

    Les enfants du Maghreb sont les premiers à subir les effets néfastes de la migration, tant dans leur pays d'origine que dans le pays d'accueil, ont souligné des chercheurs à Marrakech lors d'une conférence internationale sur les droits de l'enfant en Méditerrannée.

  • Un exil difficile : témoignages d'immigrés marocains

    Les relations diplomatiques du Maroc avec l'Espagne sont tendues. Toutefois, cela n'empêche pas des milliers de Marocains de s'installer en terre hispanique, cherchant à assurer leur avenir et devenir. Témoignages.

  • L'Espagne veut rétablir la coopération avec le Maroc

    La ministre espagnole des Affaires étrangères Ana Palacio a déclaré mercredi que le premier objectif de l'Espagne est aujourd'hui de rétablir la coopération avec le Maroc.

  • Immigration Clandestine : L'histoire d'Anouar, 20 ans !

    Il s'appelle Anouar. Il a 20 ans, les yeux clairs et les cheveux très courts. Les voitures le frôlent sans le voir, le long de la nationale 340, qui longe la pointe sud de l'Espagne. Qui soupçonnerait que ce gamin en maillot de bain et en chemise Lacoste délavée vient de débarquer clandestinement du Maroc ? Quelques heures plus tôt, un scooter des mers arrivé en trombe de Tanger, de l'autre côté du détroit de Gilbraltar, l'a déposé sur une plage de Tarifa, à la barbe des contrôles espagnols.