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Coronavirus : ce qui attend les Marocains dans les prochains jours

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6 avril 2020 - 21h20 - Société

Malgré les mesures préventives prises par le Maroc pour lutter contre le coronavirus, le pays est passé au stade 2 de l’épidémie avec une augmentation du nombre de décès et de contamination. Cette situation suscite craintes et questionnements auxquels Mohamed El Youbi, directeur du département d’Épidémiologie et de lutte contre les maladies au ministère de la Santé, interrogé par Hespress, apporte des éléments de réponse.

Selon l’épidémiologiste, la situation au Maroc, malgré le tableau inquiétant soulevé par les uns et les autres, pourrait s’améliorer. "Toutes nos prévisions indiquent qu’il y a une grande probabilité que la situation au Maroc sera meilleure que celle des pays européens", a-t-il signalé. Le Maroc est arrivé au stade 2 de l’épidémie alors que le confinement strict imposé était pour limiter les dégâts.

Beaucoup craignent que la situation ne se dégrade sans que le royaume ne puisse échapper au stade 3. Mohammed El Youbi partage cette crainte mais déclare que "c’est surtout l’intensité de la troisième phase qui devrait être différente". Les jours à venir, selon le médecin, seront déterminants, car ils permettront de voir si le confinement et autres mesures entreprises, ont porté leurs fruits. "Et il y a de fortes chances qu’elles aient un impact sur les prévisions", a-t-il affirmé, tout en soulignant qu’il est "difficile à l’heure actuelle, de dire à quel moment le pic aura lieu".

Le directeur du département d’épidémiologie et de lutte contre les maladies a appelé les citoyens à garder leur calme et à surtout maintenir la rigueur dans les mesures préventives "même au sein des domiciles, dans les familles", pour que les efforts consentis par tous finissent par payer réellement. Il appelle surtout à la patience, car "il vaut mieux être patient maintenant et encore un peu, au lieu de se relâcher et se retrouver dans un scénario de crise encore pire que celui-ci".

Quant au dépistage massif et national expérimenté dans les autres pays, et qui aurait porté ses fruits, le médecin émet quelques réserves sur sa réalisation au Maroc. Il explique d’abord qu’aucun pays n’a eu à faire ce genre de chose, pour la simple raison que "ce n’est pas réalisable et ce n’est pas réaliste". Il a souligné que le Maroc n’est pas dans la logique du dépistage massif, mais celui de la détection rapide. "Nous ne voulons pas recourir à des tests dont la fiabilité n’est pas sûre à 100 %. Nous utilisons la PCR ; c’est ce qu’il y a de meilleur et c’est la technique la plus fiable", indique-t-il.

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