Corse : Pourquoi l’économie de l’île ne peut plus se passer des Marocains
Une récente étude de l’INSEE met en avant le rôle capital de l’immigration étrangère pour soutenir l’économie de la Corse. Parmi ces travailleurs indispensables, souvent recrutés pour pallier le manque de bras dans des secteurs en tension, les ressortissants marocains occupent une place de premier plan.
Publiée au lendemain des élections municipales pour éviter d’enflammer les débats, l’étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) montre une réalité de terrain : sur l’île de Beauté, l’immigration répond avant tout à un besoin structurel de main-d’œuvre. Près de 21 500 immigrés étrangers âgés de 15 à 64 ans y vivent. Si une part importante de cette population provient de l’Union européenne, les ressortissants du Maghreb représentent 36 % de ces immigrés, avec une écrasante majorité de travailleurs originaires du Maroc.
Sur Bladi.net : Les Marocains forment l’un des plus grands groupes d’immigrés en France
L’intégration économique de ces populations se traduit par des chiffres particulièrement élevés. Le taux d’emploi des étrangers atteint 61 % en Corse, un niveau nettement supérieur à la moyenne continentale qui plafonne à 53 %. Cette main-d’œuvre, notamment marocaine, s’avère cruciale pour faire tourner l’économie insulaire. Près de 72 % des immigrés en emploi occupent des postes dans des métiers dits « en tension ». Ils sont par exemple massivement présents dans le secteur de la construction, qui concentre à lui seul 43 % des travailleurs étrangers de l’île, contre seulement 17 % dans le reste de la France.
Sur le terrain, les employeurs confirment cette dépendance, soulignant que l’origine des salariés n’est plus le sujet face aux difficultés globales de recrutement. La seule issue pour de nombreuses entreprises est d’embaucher et de former ces travailleurs en interne pour les fidéliser. Comme le rappellent les auteurs de l’étude, l’absence de ces travailleurs étrangers créerait un vide immense qu’il serait très difficile de combler localement.
Sur Bladi.net : Insee : les Marocains dominent le secteur de la construction en Auvergne Rhône-Alpes
Toutefois, cette dynamique d’emploi masque de profondes disparités entre les sexes au sein de ces communautés. Alors que 76 % des hommes immigrés travaillent, seules 41 % des femmes occupent un emploi. Souvent freinées par une maîtrise fragile de la langue, de la lecture ou du calcul, elles peinent à s’insérer, même dans des métiers très féminisés comme l’aide à domicile. Une situation qui laisse également entrevoir que, selon les origines et les schémas culturels, l’accès des femmes au marché du travail reste encore un défi majeur.