Espagne : Après le collège, beaucoup de Marocains quittent l’école pour travailler
Une récente étude (octobre 2025) menée aux Baléares met en lumière l’effondrement de la scolarité post-obligatoire chez les jeunes d’origine marocaine. Entre impératifs économiques et charges domestiques, seuls 4 à 8 % d’entre eux poursuivent leurs études.
Forte de plus de 40 000 résidents, la communauté marocaine affiche une scolarisation primaire et au collège (ESO) quasi totale. Cependant, le passage au lycée marque une rupture brutale par rapport à la moyenne globale (14 à 18 %). Dans une région touristique offrant des emplois rapides et peu qualifiés, les garçons sont massivement tentés d’intégrer le marché du travail prématurément. Cet abandon est souvent accepté, voire encouragé, par des familles issues de milieux ruraux qui privilégient l’apport financier immédiat à un investissement éducatif de long terme.
Rôles de genre et repli identitaire : le double défi de l’intégration
De leur côté, les filles affichent de meilleurs résultats et une plus forte volonté d’étudier, mais voient leur parcours freiné par le modèle familial traditionnel qui leur impose de lourdes obligations domestiques (garde des frères et sœurs, entretien du foyer). Ces abandons silencieux s’inscrivent dans un climat de tension sociale grandissante.
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Les professionnels de l’éducation soulignent également un clivage identitaire complexe. Tiraillés entre les attentes de leur communauté et la société majorquine, beaucoup de ces jeunes développent une posture de victimisation face à l’institution. L’orientation vers des filières professionnelles, par exemple, est fréquemment interprétée comme un mépris ou un plafond de verre imposé, renforçant la méfiance et le repli sur soi au détriment de l’intégration scolaire.