« C’est foutu » : le pessimisme d’un magistrat sur le narcotrafic à Nîmes

- 07h00 - France - Ecrit par : S.A

À Nîmes, un magistrat de renom affiche son pessimisme quant à la lutte contre le trafic de cannabis en provenance du Maroc et transitant par l’Espagne. Il préconise des mesures fortes pour venir à bout de ce phénomène.

« C’est foutu ». « Foutu ? », « Oui, c’est totalement foutu en l’état », affirme sous couvert d’anonymat un magistrat nîmois questionné sur la lutte contre le narcotrafic par Midi Libre. Ces affirmations sont-elles justifiées ? Depuis près de 14 ans, Nîmes est devenue une plaque tournante du trafic avec des redistributions de drogue vers le Nord région parisienne, Grenoble, Lyon parfois la Belgique parfois même la Corse (sur d’autres produits que la résine de cannabis). Une plate-forme incontournable notamment pour la remontée des go-fast ou des importations lentes (drogues cachées dans des camions) du trafic particulièrement pour la résine de cannabis en provenance du Maroc et qui transite par l’Espagne, fait savoir la même source.

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La lutte contre le narcotrafic a certes connu du succès dès 2012, mais le phénomène a pris de l’ampleur dès 2019 : guerre de gangs, règlements de compte, multiplication des points de deal… Il y a eu quelques arrestations. Certains trafiquants ont même été condamnés. Mais il y a encore du chemin à parcourir. Jusqu’à présent, le phénomène n’a cessé d’augmenter. Le magistrat nîmois ne se contente pas de faire un constat, mais il propose également plusieurs axes de réflexion pour endiguer le phénomène. « Il faut mettre des dizaines d’enquêteurs dans le Gard voire des centaines d’enquêteurs dans la région et des moyens techniques très importants notamment sur la téléphonie et les extractions des données », a-t-il recommandé.

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Il ajoute : « Ensuite, il faut réduire considérablement la masse de la procédure pour extraire ces données, cela demande des dizaines de pages de procédure, il faut les simplifier au maximum et en diminuer la lourdeur. »