Export : Que c’est dur l’Amérique !

- 01h22 - Maroc - Ecrit par : L.A

C’est une certitude, les exportations marocaines à destination du marché américain sont en baisse tendancielle. Après avoir accusé une forte régression de 26% en 2005 par rapport à l’année d’avant, elles ont encore chuté de 17% en 2006.

Les pourcentages concernent bien évidemment les valeurs. Autrement dit, on ne peut apprécier, avec exactitude, les éléments déterminants de ce recul. Est-il lié à la baisse des expéditions en volume ? à la détérioration des prix de nos marchandises ? ou bien à la combinaison des deux facteurs ? En revanche, une chose est sûre, un déséquilibre de plus en plus accentué distingue les parts des recettes et des dépenses exprimées en dollars : 32,3% contre 43,3%, selon l’Office des changes. Et la facture pétrolière n’explique pas tout. Car le constat est juste relevé pour le premier semestre 2007. A l’inverse, la zone euro affiche un excédent de 12 points au titre des recettes par rapport aux dépenses.

Moralité, nos achats s’accroissent aux détriments de nos ventes sur le marché à payement en dollars. C’est tout particulièrement le cas du débouché américain. Pourquoi ce paradoxe alors que le Maroc se trouve lié par des accords de libre-échange aussi bien avec les Etats-Unis que l’Union européenne ? est-on enclin de se demander. Surtout que le cadre régissant nos échanges avec les USA est plus avantageux et que le marché américain s’affiche nettement rémunérateur. Certes, convient un exportateur qui fait dans la conserve de poisson. Mais la plus-value enregistrée au titre de l’exonération des droits d’accès est de loin insuffisante pour compenser la perte encourue au niveau du taux de change.

A titre d’illustration, Abdelhak Ben Zakour, directeur général de Sicopa, cite le cas des olives de table dont la franchise a annulé la taxe d’accès de 3%. Pour cet opérateur, « la perte due au taux de change est de l’ordre de 20%. Depuis que la parité du dollar est devenue voisine de l’équivalent de 8 dirhams et quelques centimes ». Et la tendance à la dépréciation a pris racine il y a plus d’un an et demi. Rien qu’entre le début de l’année et le mois d’août dernier, le billet vert a perdu l’équivalent de 16 centimes. Aussi, reconnaît-il amèrement, si des exportateurs d’olives continuent de livrer le marché américain, c’est uniquement pour sauvegarder une partie des parts de marché. Surtout que la concurrence européenne, en particulier, est très rude car fortement soutenue. Par le passé, est-il rappelé, le gouvernement consentait une compensation, notamment à travers la bonification des escomptes des créances. Aujourd’hui, les taux d’intérêt ont beaucoup baissé. Et donc, l’artifice n’aurait pas d’effet. Seulement, Ben Zakour rappelle que d’autres pays ayant hissé le développement des secteurs exportateurs au rang de priorité parviennent toujours à édicter les mesures qui s’imposent. Surtout lorsqu’il s’agit de tirer profit d’un cadre de facilitation des échanges. « C’est que l’accord ouvre d’importantes opportunités. Mais il est mal accompagné, tranche le patron de Sicopa ». Ailleurs, fait-il remarquer, la région, voire la banque, appuie l’effort de l’exportation. « Car l’activité est éminemment garante de la croissance. Mais la vision ne semble pas imprégner nos gouvernants ». Tout au plus, les opérateurs sont invités à user des instruments de couverture contre les risques de change.

Mais est-ce jouable dans le cas d’une monnaie à tendance baissière depuis plusieurs mois ? C’est pourquoi certains opérateurs ont tout simplement préféré déserter le marché américain. Le temps que la politique monétaire des Etats-Unis s’oriente vers la consolidation du dollar. C’est particulièrement le cas des secteurs du poisson et des textiles.

Aubaine pour l’approvisionnement

Pour Mohamed Tamer, président de l’Association marocaine des industries textiles et de l’habillement, qui regrette « que l’élan de développement de nos exportations sur le marché américain soit stoppé par la dévaluation du dollar, estime que le manque à gagner doit être compensé par l’approvisionnement sur les marchés de la même zone ». Mieux encore, cette zone se caractérise par une offre très compétitive.

L’Economiste - A. G.

  • Dollar vs Euro : Quel impact sur le Maroc ?

    Cela fait plus d'un an que l'économie mondiale vibre aux rythmes de la baisse du dollar face à l'euro. Une tendance qui flirte avec le niveau record d'un dollar et demi pour un euro. Echanges commerciaux, marché des changes internationaux sont directement affectés, positivement ou négativement, par ce phénomène, dont personne ne connaît encore l'issue.

  • La crise immobilière américaine et le Maroc

    La crise immobilière qui a éclaté cet été aux Etats-Unis s'explique essentiellement par une évaluation insuffisante du risque du crédit et de la prime de risque destinée à le couvrir. Dans le cas de l'immobilier certes, la valeur du bien sert de garantie première et son appréciation permet de la conforter. Or cette valeur dépend des prix du marché et donc de l'offre et de la demande.

  • Le taux d'ouverture de l'économie marocaine à 62%

    En 2007, le taux d'ouverture de l'économie marocaine, mesuré par les échanges commerciaux sur le PIB, s'est situé à 62% contre 56% en 2006. Cette ouverture du marché national accompagne un déficit commercial de 108 milliards de dirhams pour les dix premiers mois de cet exercice.

  • A qui profitent les accords de libre échange ?

    Un si bien inquiétant constat que partagent professionnels et gouvernement : le gravissime déficit de la balance commerciale. Un constat dressé lors de la toute récente entrevue qu'a eue l'Association des exportateurs marocains avec le ministre de l'Economie et des Finances. En effet, à fin 2007, le déficit commercial s'est établi à 134,6 milliards de DH. Selon l'Office des changes, il est le résultat d'une évolution de 7,5% des exportations (122 milliards de DH) et de 22% des importations (257 milliards de DH).

  • La dette intérieure s'élève à 267,6 MMDH

    Dans son dernier « Rapport sur l'évolution de la dette intérieure », le ministère des Finances et de la Privatisation indique que cette évolution résulte d'un fort endettement additionnel enregistré sur les deux premiers mois de l'année, suivi par un désendettement net allant du mois de mars jusqu'au mois de juin 2007. « Près de 98% de cet encours (262,8 MMDH) est constitué par les Bons du Trésor émis par adjudication », signale la même source.

  • Agadir à la reconquête des touristes anglais

    Le Conseil régional du tourisme d'Agadir fait le forcing pour attirer les touristes anglais vers Agadir et sa région. Pour ce faire, une vingtaine d'agents de voyages et d'hôteliers participeront à Londres, le 18 octobre, à un workshop qui réunira plus de 150 opérateurs britanniques. L'objectif est de promouvoir la destination et de faire connaître aux professionnels du secteur les nouvelles niches de la station balnéaire.

  • Les Marocains accros aux sms

    Le secteur des télécoms est sans conteste un de ceux qui tirent l'économie marocaine vers le haut. Ouvert à la concurrence et disposant d'un cadre législatif et réglementaire bien ficelé, il enregistre une croissance soutenue. C'est ce qui ressort du rapport d'activité pour 2006 que vient de rendre public l'Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT). Même si les chiffres sont sortis tard, il est intéressant d'en prendre connaissance, sachant qu'ils ne souffrent d'aucune approximation et par conséquent reflètent exactement l'activité de l'année écoulée.

  • Nouvelle flambée du pétrole : Quel impact pour le Maroc ?

    « Record à la fois historique et imprévisible », commente un professionnel à propos de la flambée des cours du pétrole brut enregistrée mercredi à New York. « En dépassant la barre des 80 dollars le baril en séances, l'annonce de l'Opep d'augmenter la production, a-t-elle produit l'effet inverse ? », ironise pour sa part un cadre de la Samir.

  • Libre-échange Maroc-USA, deux ans et toujours rien !

    Voilà plus de deux ans que l'accord de libre-échange entre le Maroc et les Etats-Unis est entré en vigueur. Un accord dont les négociations, deux années durant, avaient suscité un débat passionné. D'un côté, le camp des alarmistes qui mettaient en garde contre une déferlante des produits made in USA en cas d'ouverture des frontières tous azimuts, ce qui mettrait à mal notre économie. De l'autre, des défenseurs de l'ouverture pour lesquels l'ouverture du marché américain serait forcément une aubaine pour les entreprises marocaines.

  • Le déficit commercial marocain en chute libre

    Avec une aggravation de 26,4% par rapport aux 8 premiers mois de l'année passée, le déficit commercial continue de se creuser. Il ressort à 84,1 milliards de DH à fin août. Devenu structurel, il est, comme à l'accoutumée, balancé par les fortes rentrées de devises à travers les recettes touristiques et les transferts MRE.