A qui profitent les accords de libre échange ?

- 16h20 - Maroc - Ecrit par : L.A

Un si bien inquiétant constat que partagent professionnels et gouvernement : le gravissime déficit de la balance commerciale. Un constat dressé lors de la toute récente entrevue qu’a eue l’Association des exportateurs marocains avec le ministre de l’Economie et des Finances. En effet, à fin 2007, le déficit commercial s’est établi à 134,6 milliards de DH. Selon l’Office des changes, il est le résultat d’une évolution de 7,5% des exportations (122 milliards de DH) et de 22% des importations (257 milliards de DH).

Seulement, les points de vue divergent dès lors qu’on évoque les causes de recul du taux de couverture des importations par les exportations. Tout d’abord, il importe de le nuancer, estime Salaheddine Mezouar. « Car, il se situe à 80% si l’on intègre les services, mais dégringole à 47% si on ne considère que les marchandises ». Toujours est-il, tranche le ministre, le gouvernement « est décidé à mettre en place les conditions nécessaires au développement des exportations ». Dans l’objectif, à terme, de renverser la tendance. Mais les inquiétudes émises par les professionnels ont pour principale source l’impact des accords de libre-échange et notamment ceux signés avec les Etats-Unis, les pays arabes et la Turquie.

Et pour cause ! Ces accords fonctionnent à plein régime dans le sens des importations mais peu en faveur du développement de nos exportations. A telle enseigne que d’aucuns se demandent même si le Maroc dispose d’une offre exportable vers certains pays partenaires. A l’opposé, le constat est unanime : des pans entiers du secteur marocain des industries de transformation ont été mis à rude épreuve depuis la mise en œuvre de ces accords. Faudrait-il alors y remédier par quelques mesures d’accompagnement liées à la fiscalité, la logistique ou encore la promotion ? Ou, à défaut d’une offre exportable bien adaptée à ces marchés, opérer une renégociation pure et simple de certains de ces accords ?

Quoi qu’il en soit, une lecture dans les chiffres de l’Office des changes renseigne sur le déséquilibre grandissant de la balance commerciale avec certains groupements économiques et zones d’échanges.

D’emblée, le taux d’ouverture de notre économie, mesuré par les échanges commerciaux sur le PIB, a progressé de 56,1% en 2006 à 63,9% en 2007. Selon un rapport du département du Commerce extérieur, l’effort d’exportation n’a gagné cependant qu’un point par rapport à 2006 et devrait se situer à 20,3% du PIB. Mais ce taux d’ouverture est à apprécier positivement s’agissant des échanges avec le partenaire traditionnel, l’Union européenne en l’occurrence. Si bien que l’essentiel des importations incompressibles en provenance de ce marché demeurent orientées soit vers l’investissement, la production ou l’approvisionnement en denrées de première nécessité.

Analysé sous cet angle, le déficit commercial s’expliquerait plutôt par l’effort d’investissement. Abstraction faite des produits alimentaires, qui ont fortement augmenté sous l’effet des achats des céréales, les biens d’équipement et de demi-produits représentent 45% des importations, soit 85,4% du déficit commercial. Ces deux rubriques ont nécessité une dépense de 114,8 milliards de DH. Les importations des produits énergétiques expliquent le reste. Bien qu’ils s’insèrent parmi les matières premières et autres facteurs de production, leur augmentation est surtout due aux achats de gasoil et fuel. En tout, la facture pétrolière a cumulé à 51,3 milliards de DH.

Exportations : Peu de diversification

Les exportations de marchandises et de services offshoring ont atteint 122,4 milliards de dirhams, en hausse de 7,5% par rapport à 2006, année qui a été, elle-même, caractérisée par de bonnes performances de production et d’exportation.

En 2007, l’offre exportable est restée dominée par cinq groupes de produits qui représentent les 2/3 des exportations marocaines, il s’agit :

• des articles d’habillement : 24% ;
• des phosphates et dérivés : 18,6% ;
• des nouveaux produits à l’export : 11.3% ;
• des produits de la mer : 9,6% ;
• des produits agricoles : 5,8%.

Source : L’Economiste - A. G.

  • Le taux d'ouverture de l'économie marocaine à 62%

    En 2007, le taux d'ouverture de l'économie marocaine, mesuré par les échanges commerciaux sur le PIB, s'est situé à 62% contre 56% en 2006. Cette ouverture du marché national accompagne un déficit commercial de 108 milliards de dirhams pour les dix premiers mois de cet exercice.

  • 256 milliards de dirhams d'importations en 2007

    Les importations du Maroc ont atteint, au terme de 2007, quelque 256,9 milliards de dirhams, soit une hausse de 22% par rapport à 2006. Tous les groupes de produits à l'importation ont enregistré des hausses en 2007.

  • L'Europe toujours premier partenaire commercial du Maroc

    Le Maroc continue de réaliser l'essentiel des ses échanges avec l'Europe. D'ailleurs, ces échanges poursuivent leur dégradation, avec des exportations qui n'arrivent pas à suivre le rythme des importations.

  • Investissements : Les entreprises maintiennent la cadence

    Les industriels investissent et les achats de biens d'équipement à l'étranger grimpent. A fin octobre, le Maroc a importé pour 45,7 milliards de DH. Une progression de 18,2% par rapport aux 10 premiers mois de 2006, selon l'Office des changes. Les crédits à l'équipement attestent aussi de cet effort d'investissement. Les entreprises ont emprunté 73,8 milliards de DH, sur la période, soit 22,2% de plus que l'année dernière, selon les statistiques de Bank Al-Maghrib. L'institut d'émission n'a d'ailleurs pas manqué de relever tout au long de l'année, dans ses enquêtes mensuelles de conjoncture, l'optimisme des industriels.

  • Le Maroc ne profite pas des ALE

    Le Maroc n'a pas su tirer profit des accords de libre-échange (ALE). C'est en tout cas le constat formulé lors de la conférence organisée par le Cercle des jeunes économistes (CJE) mercredi 19 juin pour sensibiliser sur la problématique de l'export au Maroc. « Globalement, les exportations marocaines augmentent, mais moins vite que nos concurrents immédiats, ce qui se traduit par des pertes de marchés traditionnels », explique Ahmed Sif, directeur exécutif de l'Association marocaine des exportations (Asmex).

  • Le Maroc a importé 51,3 milliards de dirhams de produits énergétiques en 2007

    Les importations des produits énergétiques ont coûté à l'économie marocaine quelque 51,3 milliards de dirhams au titre de l'année 2007. Les importations en produits énergétiques dans le Royaume chérifien se sont inscrites en hausse de 14,2% en 2007.

  • Plus 36,5% de déficit commercial de janvier à novembre 2007

    Les échanges commerciaux du Maroc avec l'extérieur ont dégagé, au terme des onze premiers mois de 2007, un déficit de l'ordre de 123,6 milliards de dirhams contre 90,6 milliards une année auparavant, soit une aggravation de 36,5 pc, selon l'Office des changes.

  • Accord d'Agadir : Le Maroc à la traîne

    L'accord d'Agadir ne profite pas au Maroc. C'est le constat dressé par les participants au séminaire organisé le 27 mai par l'Association marocaine des exportateurs (Asmex) en partenariat avec le Centre islamique de développement du commerce (CIDC) et le ministère du Commerce extérieur.

  • Aggravation de 33% du déficit commercial

    Les échanges commerciaux du Maroc avec l'extérieur ont dégagé, au terme des dix premiers mois de 2007, un déficit de l'ordre de 110,4 milliards de dirhams contre 83 milliards une année auparavant, soit une aggravation de 33 pc.

  • 31 milliards de DH d'IDE en 2007

    A en croire les indicateurs pour 2007, la santé de l'économie marocaine est au beau fixe. En témoignent les comptes trimestriels publiés par le Haut Commissariat au Plan (HCP) et repris dans la note conjoncturelle de janvier 2008 du ministère des Finances. Et ce n'est pas le seul département optimiste. Même la BAM indique dans son enquête conjoncturelle que les patrons ont le moral au beau fixe.