Face au Maroc, un ancien colonel espagnol veut faire payer le détroit

- 17h00 - Espagne - Ecrit par : Sébastien A.

Faire payer le passage du détroit de Gibraltar pour en faire bénéficier Sebta et Melilla : un colonel espagnol retraité avance cette idée dans une analyse publiée le 5 octobre. Il réclame également une surveillance renforcée face à ce qu’il considère comme une remise en cause de l’influence espagnole par le Maroc.

La proposition figure dans un article de Juan López Díaz, ancien colonel de l’infanterie de marine, diffusé par le Centre de pensée navale sur le site de la marine espagnole. Ce texte d’opinion examine les enjeux commerciaux, énergétiques et militaires du passage entre l’Atlantique et la Méditerranée.

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L’officier évoque la possibilité qu’un jour, un péage soit instauré pour traverser le détroit, avec des recettes bénéficiant aux deux enclaves. Il rapproche cette hypothèse de la situation et des négociations autour du détroit d’Ormuz.

Cette préoccupation pour Sebta apparaît aussi dans son analyse du projet de tunnel entre le Maroc et l’Espagne. La liaison envisagée doit rejoindre les environs de Tanger, ville qu’il décrit comme un concurrent majeur des ports espagnols.

Juan López Díaz estime qu’il faudrait prévoir une connexion vers Sebta, sous la mer ou en surface, quitte à ce que l’Espagne la finance seule. Sans cette liaison, il juge les perspectives de la ville peu favorables. Péage maritime et tunnel sont ainsi abordés sous le même angle : préserver la place des enclaves dans les échanges entre les deux rives.

Il veut confier la coordination à la marine

Dans la reprise publiée ce 6 octobre, Canarias en Pleno retient surtout les accusations du colonel contre Rabat. Celui-ci parle d’« actions hybrides » marocaines et estime que le royaume cherche à attirer les États-Unis et Israël au détriment des intérêts espagnols.

Sa critique vise également Madrid. Il reproche aux gouvernements successifs de traiter séparément les dossiers de Sebta, Melilla, Gibraltar, du Sahara et des frontières maritimes, sans stratégie commune tenant compte de leurs interactions.

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Sur le terrain, il pointe la dispersion des compétences entre la marine, la Guardia Civil, les services douaniers et le sauvetage maritime. Il demande davantage de moyens de surveillance et de défense, dans une zone où circulent les navires marchands et où passent aussi des câbles électriques et de télécommunications.

Pour coordonner ces moyens, l’ancien militaire propose une autorité unique placée sous la responsabilité de la marine. Les informations recueillies par les radars, les navires et les aéronefs seraient transmises à un centre commun, chargé de les intégrer pour suivre les activités dans le détroit.