Fès, ville sans bidonvilles d’ici fin 2009

- 10h34 - Maroc - Ecrit par : L.A

« Fès sera déclarée ville sans bidonvilles d’ici la fin de l’année en cours ». C’est le wali, Mohamed Rherrabi, qui le confirme. Selon lui, le remplacement de l’habitat insalubre par le logement salubre se poursuit malgré des difficultés inhérentes au montage de certains projets.

Le contrat ville sans bidonvilles est à mi-chemin : 92% de recasement à Aïn Smen (soit 2133 ménages sur 2319) et 37% de recasement et relogement à Dhar El Mehraz (soit 962 sur 2615 ménages) où une nouvelle offre vient d’être proposée aux habitants. L’objectif est de finaliser ce contrat avant la fin de l’année 2009.

Par ailleurs, un renouvellement urbain de la zone de Jnanate et de la zone nord est en cours de finalisation en partenariat avec le département de l’Habitat. Les objectifs recherchés portent sur l’anticipation dans le domaine du menaçant ruine et la requalification de ces zones connues par leur forte densité.

En effet, le programme de mise à niveau urbaine et de lutte contre l’habitat insalubre, présenté au Souverain en décembre 2004, a atteint sa vitesse de croisière. En quatre ans, plusieurs centaines de baraques ont été démolies. L’opération est de taille. Elle constitue une avancée dans le cadre du programme « villes sans bidonvilles ». Opération qui concerne quelque 5000 familles, réparties sur les deux plus grands bidonvilles de Fès. Il s’agit des secteurs d’Aïn Smen et Douar El Asker qui se sont développés sous forme d’habitats informels où des milliers de personnes vivent dans des baraques, édifiées en dehors de toutes normes réglementaires de sécurité.

Et afin de reloger tout ce « beau monde », la construction de 4000 unités de logement à Fès est en cours grâce à un partenariat public/ privé. Liant le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme et les promoteurs immobiliers privés, en l’occurrence, « le groupe Addoha », « société Amlak », « société Khadiri immobilier », « société Menzel Yasmine », « Saïss-développement » et « société Azzahrae Al-Jadida », ce partenariat offre aux professionnels un foncier public assaini et valorisé, et prévoit un investissement de l’ordre de 800 millions de DH.

Chaque année, plusieurs familles sont relogées. Bon an mal an, l’opération se poursuit. Dernièrement, ce sont quelque 122 ménages habitant le bidonville Dhar El Mehraz (ou Douar El Asker), qui en ont bénéficié. En effet, ces familles ont été recasées dans des appartements flambant neufs. C’est la société Al Omrane qui initie l’opération de recasement. Toutefois, « la démolition des baraques est la condition sine qua non pour la livraison des maisons », indique son directeur Abdeljalil Cherkaoui. Et d’ajouter que « c’est une population à problèmes » qu’il faut reloger. Son recasement est une « opération chirurgicale inévitable ».

Composé de cinq îlots d’habitats insalubres, ce quartier regroupe pas moins de 3000 ménages. Sur ce total, près de 1200 familles ont profité d’un premier recasement. Le reste est en cours. Les ménages devront payer une participation fixée à 70.000 DH pour un appartement de 68m2, soit trois fois moins cher que le prix réel du marché.

Outre le suivi du recasement des familles, les autorités sensibilisent la population et l’invitent à améliorer son cadre de vie. Seulement, dans certains cas, le caractère socioéconomique prime. Sur le plan social, les familles qui y demeurent ont, généralement, de très faibles revenus : à Douar El Asker, ils sont près de 60% de foyers qui sont dans ce cas. Le reste, des militaires à la retraite qui louent les baraques aux étudiants de la faculté de Dhar El Mehraz. Ils gagnent ainsi, grâce à ce commerce, entre 1000 et 7000 DH par mois. Les recaser, c’est donc les priver d’un revenu important. C’est pourquoi ils résistent à l’opération de relogement.

Pour le directeur d’Al Omrane, « c’est une question de temps. Dans quelques semaines, Douar El Asker sera de l’histoire. Histoire qui a démarré dans les années 1980 avec l’installation de la première baraque. En 2005, l’on avait recensé plus de 2800 baraques prenant la taille d’un arrondissement où sévissent drogue, prostitution et l’extrémisme. La solution est donc d’éradiquer ce bidonville. Une première tranche de 660 appartements a été ainsi livrée dès 2006. Le financement du projet est évalué à près de 500 millions de DH. Il vise, outre le relogement des ménages, la restructuration de 300 bâtisses.

Source : L’Economiste - Youness Saad Alami

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