Fin du rêve français pour les étudiants marocains ?
Une centaine d’étudiants ont manifesté mardi à Nantes contre l’explosion des frais universitaires pour les étrangers. Une mesure jugée discriminatoire qui frappe de plein fouet les jeunes extracommunautaires, dont les Marocains, l’une des principales communautés étudiantes du pays.
Mardi 12 mai, le rectorat de Nantes a été le théâtre d’une mobilisation pour dénoncer le décret gouvernemental imposant une hausse spectaculaire des droits universitaires pour les non-Européens. Dès la rentrée, une année de licence coûtera 2 895 euros contre moins de 200 euros actuellement, tandis qu’un master grimpera à 3 941 euros.
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Cette décision cible directement les 430 000 étudiants étrangers inscrits dans l’Hexagone, qui représentent 15 % des effectifs globaux. Parmi eux, les Marocains constituent l’une des toutes premières nationalités représentées et se retrouvent en première ligne face à ce que les syndicats qualifient de sélection par l’argent.
Les manifestants fustigent un véritable racket orchestré par le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste. Pour Matis Bestel, membre de Solidaires Étudiant-e-s, cette réforme s’attaque à une population déjà extrêmement précaire, sans accès facile au logement ou au marché du travail, et dont à peine 2 % perçoivent une bourse. « Ce n’est pas aux étudiants étrangers de payer le sous-investissement de l’État dans les universités », s’indigne-t-il. Dans le cortège, l’angoisse domine chez les jeunes qui voient des années de préparation académique brutalement remises en question, craignant de devoir abandonner leurs projets et quitter le territoire faute de moyens.
Face à la gronde, l’exécutif a tenté de calmer le jeu en relevant le plafond d’exonération des universités de 10 à 20 %, espérant tout de même tirer 250 millions d’euros par an de cette réforme d’ici trois ans. Pourtant, comme le rapporte le média Hit Ouest, l’association France Universités alerte sur un calcul potentiellement contre-productif.
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Les établissements d’enseignement supérieur redoutent de voir fuir les étudiants issus des pays les moins favorisés. Une désertion qui s’avérerait coûteuse à long terme, puisque la venue de ces internationaux génère chaque année un bénéfice net évalué à 1,35 milliard d’euros pour l’économie française.