Fiscalité : le Maroc fait payer très cher les banques et assurances

- 09h00 - Maroc - Ecrit par : Sébastien A.

La refonte fiscale marocaine porte ses fruits de manière spectaculaire en 2026. En imposant le secteur financier à hauteur de 40 %, le Trésor public encaisse des recettes historiques, propulsant l’impôt sur les sociétés au sommet des revenus étatiques.

Depuis le 1er janvier 2026, les banques, les compagnies d’assurances et les organismes de financement subissent un traitement fiscal de choc. Ces institutions doivent désormais s’acquitter d’un impôt sur les sociétés (IS) fixé à 40 %, soit exactement le double du taux de droit commun. Cette taxation exceptionnelle, appliquée sans concession aux géants de la finance, agit comme un véritable catalyseur dans l’explosion des rentrées d’argent public, analyse le quotidien Les Inspirations Éco.

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Les retombées pour le Trésor atteignent des sommets inédits. Rien qu’au premier trimestre de l’année en cours, les encaissements ont bondi à 44,90 milliards de dirhams, signant une progression fulgurante de 21,9 % par rapport à l’exercice précédent (soit un surplus de plus de 8 milliards). Cette dynamique s’inscrit dans la continuité de l’année dernière, où les recettes frôlaient la barre symbolique des 100 milliards de dirhams. Désormais, l’IS talonne la TVA, dopé par la bonne santé des institutions financières, de l’OCP et des opérateurs télécoms, mais aussi par un contrôle fiscal renforcé technologiquement.

Cependant, cette manne budgétaire record masque un profond déséquilibre structurel. Le rendement fiscal national repose quasi exclusivement sur les épaules d’un cercle très restreint de 150 mastodontes générant plus de 100 millions de dirhams de bénéfices immatriculés. Au milieu d’un tissu économique comptant 400 000 structures, cette hyper-concentration polarisée soulève des questions d’équité, d’autant que ces grands groupes continuent de supporter la Contribution sociale de solidarité, un prélèvement initialement pensé comme provisoire par l’exécutif.

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Face à ces poids lourds, les très petites entreprises réclament un allégement, espérant une exonération calquée sur le modèle nigérian. Une piste catégoriquement écartée par les autorités marocaines pour des raisons de coût, sachant que huit sociétés sur dix déclarent moins de 3 millions de dirhams de chiffre d’affaires. L’État préfère miser sur un taux de droit commun rabaissé à 20 % pour l’économie classique, une stratégie de simplification indispensable pour maintenir la compétitivité industrielle du Royaume face à la Pologne ou la Roumanie dans le secteur automobile.