Ils sont fous ces Marocains !

- 23h48 - Maroc - Ecrit par : L.A

Insomnie, anxiété, tics nerveux, dépression… peu d’adultes n’en souffrent pas ou n’en ont pas souffert au moins une fois dans leur vie. Une enquête, la première du genre au Maroc, réalisée dernièrement par le service de Santé mentale au sein du ministère de la Santé et l’OMS (Organisation mondiale de la santé) indique que 49% des plus de 15 ans ont eu au moins un trouble mineur récurrent.

Ceux qui ont les moyens -et l’ouverture d’esprit-, s’offrent l’assistance d’un spécialiste, psychiatre ou psychologue privé, ceux qui en ont moins se rabattent sur les antidépresseurs et somnifères dont les noms sont devenus aussi communs que le paracétamol. Quant à ceux à qui les moyens font défaut, le plus courant est de les voir couver ses troubles en comptant sur le temps et l’amélioration de leurs conditions sociales pour les faire disparaître. Plusieurs de ces malaises, même d’apparence tout à fait bénigne, peuvent facilement tourner à la maladie grave. Mais avant d’inciter les gens à recourir à la médecine pour soigner ces malaises, il faut d’abord les convaincre que s’en est une. « Les troubles mentaux sont des maladies comme d’autres qui se traitent et peuvent souvent être guéris », ne cesse de clamer le docteur Fatima Assouab, chef du service de la Santé mentale. « Or, aujourd’hui, ils sont considérés par la personne qui en souffre et par sa famille comme une honte à garder dans le secret total », ajoute-t-elle.

Mais, cerise sur le gâteau, le système de la santé publique, se cachant derrière les croyances populaires, ne semble pas adhérer à cet état d’esprit. Les soins qu’il offre et l’infrastructure qu’il prévoit au secteur existent presque pour la forme. Il y eut même un temps

le public compte 17 psychologue

où des responsables « soucieux de l’économie des dépenses et de la réorganisation administrative ont eu la brillante idée de tout simplement supprimer le service de Santé mentale et des maladies dégénératives de la structure du ministère… Heureusement, le service, instauré par Dahir royal, était intouchable. Mais cela est très révélateur de l’intérêt porté à cette spécialité.

La situation sur le terrain est encore plus éloquente : le public compte 17 psychologues (non, nous n’avons pas oublié un zéro) et 104 psychiatres pour tout le Royaume. Ce qui, naturellement, ne peut suffire à encadrer 30 millions d’habitants.

D’ailleurs ces quelques praticiens sont répartis sur 28 provinces et préfectures. Ce qui en laisse 40 non couvertes. En outre, deux régions : Oued Eddahab-Lagouira et Guelmim-Smara ne comptent aucun spécialiste.

La responsabilité revient ici entièrement au ministère de Santé et à sa politique de recrutement. Car la formation ne pose pas jusque-là problème en termes de nombre de lauréats puisque quelque 500 psychiatres sortent des facultés de médecine marocaines chaque an mais les quotas de leurs recrutements dans le public sont très faibles. La formation pose plutôt un problème de spécialisation puisqu’elle n’octroie aucune formation en pédopsychiatrie par exemple.

Pour compléter le sombre tableau, les capacités d’accueil au sein des structures psychiatriques sont dérisoires. Moins de 1.990 lits sont décomptés au niveau national. Ils sont répartis sur les centres hospitaliers de Rabat, Casablanca et Marrakech, les hôpitaux psychiatriques, 5 au total à Berrechid, Tit Mellil, Oujda, Tétouan et Tanger et les services intégrés des hôpitaux généraux.

L’investissement privé, quant à lui, boude complètement le secteur de la Santé mentale. Les cliniques psychiatriques privées sont inexistantes au Maroc. Mais, selon plusieurs sources, les malades aisés se font hospitaliser en clinique sans jamais déclarer que le motif est d’ordre psychiatrique et un grand nombre de consultations se fait de manière officieuse.

Cela prouve aussi que les réticences culturelles au traitement freinent aussi le développement du secteur. D’ailleurs, la faible infrastructure dont dispose le Maroc est sous exploitée puisque le taux de rotation sur les lits psychiatriques est en dessous des capacités offertes.

L’Economiste - Ichrak Moubsit

  • Près de 350 000 Marocains souffrent de troubles mentaux

    La santé mentale est absente du débat public au Maroc. Des maladies comme la dépression, la démence ou la schizophrénie, touchent en profondeur la société marocaine. Cela, du fait d'une faiblesse flagrante des moyens publics et d'un silence sur la question, dénonce Nadira Barkallil, présidente d'Al Balsam, Association marocaine des parents et amis des personnes en souffrance psychique, à l'occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée le 10 octobre.

  • Un Marocain sur quatre touché par la dépression

    Au Maroc, une personne sur quatre est touchée par la dépression. C'est ce qui ressort de l'étude sur « la santé mentale et la toxicomanie », menée par le Ministère de la santé. La santé mentale est un véritable problème de santé publique.En effet, un Marocain sur deux présente au moins un signe relevant d'une mauvaise santé mentale, allant du simple tic nerveux à l'état d'anxiété ou à la dépression.

  • Santé, tout est à revoir !

    Yasmina Baddou a présenté hier devant le conseil de gouvernement sa stratégie dans le domaine de la santé pour 2008-2012. Avant d'en dévoiler les grands axes, elle a dressé un constat alarmant de son secteur. Déjà, les indicateurs donnent le vertige. Le taux de mortalité maternelle est de 227 pour 100.000 naissances. Le PNUD aggrave la situation en avançant le chiffre de 240. Le taux de mortalité infantile est de 40 pour 1000. Dans ce contexte, le déséquilibre entre les régions et entre les milieux rural et urbain est immense.

  • Yasmina Baddou explique la réforme de la santé

    La stratégie du ministère de la Santé 2008-2012, qui a été présentée devant le Conseil de gouvernement, sera bientôt exposée dans le cadre d'une rencontre nationale. La ministre de la Santé, Yasmina Baddou, dévoile les grandes lignes de cette stratégie.

  • 8,9% des Marocains présentent un trouble mental

    Une première étude nationale sur la santé nous révèle que 8,9% des Marocains souffrent d'un trouble mental.

  • Santé et corruption : Baddou s'énerve !

    Après les réunions au niveau central, Yasmina Baddou s'est attaquée aux régions. La ministre de la Santé a convoqué en milieu de semaine à Rabat les 69 délégués provinciaux que compte le pays. Objectif : les sensibiliser à l'importance de certaines questions récurrentes de la gestion de leurs établissements. En d'autres mots, la ministre veut que les délégués prennent les choses en main. Ils doivent jouer pleinement leur rôle de gestionnaire des établissements hospitaliers qui relèvent de leurs zones d'influence.

  • 20.000 Marocains touchés par le sida

    En effet, le nombre des séropositifs au Royaume avoisine les 20.000. Un chiffre qui est très préoccupant. Il s'agit bien évidemment des cas déclarés. Le nombre de porteurs du virus n'est pas réellement connu. Depuis début 2007 et jusqu'à la fin du mois de juin, 137 nouveaux cas ont été recensés par le ministère de la Santé. Alors qu'en 2006, les responsables ont dénombré quelque 291 séropositifs.

  • De nouveaux mécanismes contre la corruption dans les hôpitaux

    Le ministère de la santé s'attèle à la mise en place de nouveaux mécanismes pour la lutte contre la prévarication et la corruption qui minent le fonctionnement de certains hôpitaux a indiqué Yasmina Baddou.

  • Ils sont « fous », ces Marocains !

    Près la moitié des Marocains ont eu au moins un trouble mineur récurrent, parfois sans lendemain (insomnie, angoisse, tic nerveux, dépression…) Ce constat a été révélé lors de la Conférence nationale de la santé mentale et des toxicomanies organisée jeudi 22 février à Rabat. Cette rencontre a été occasion de présenter les principaux résultats de l'enquête nationale sur la prévalence des troubles mentaux dans la population. Réalisée en 2003, cette opération est la première permettant de faire un état des lieu sur la santé mentale et les toxicomanies.

  • Une association de séropositifs au Maroc !

    Une Organisation non-gouvernementale regroupant quelque deux cents séropositifs a été créée samedi au Maroc, à l'occasion de la Journée internationale contre le sida.