Entre la France et le Maroc, une amitié en péril ?

- 20h30 - France - Ecrit par : S.A

Emmanuel Martin, maître de conférences en économie, estime que « la rupture de l’amitié de longue date entre la France et le Maroc reflète… de nouvelles tendances géopolitiques ».

« La rupture de l’amitié de longue date entre la France et le Maroc reflète probablement de nouvelles tendances géopolitiques, comme en témoigne la diminution de l’influence de Paris au Mali, au Burkina Faso et au Niger », analyse Emmanuel Martin dans une tribune publiée sur le site gisreportsonline.com. Les relations entre la France et ces trois pays africains se sont détériorées après que des militaires ont pris le pouvoir suite à des coups d’État. « Le déclin de l’influence de la diplomatie française est un facteur clé à prendre en compte. Tout d’abord, sa perte de vitesse est probablement liée à la diminution de l’indépendance de la politique étrangère suite à la décision de Nicolas Sarkozy de rejoindre le commandement militaire intégré de l’OTAN en 2009 », fait-il observer, rappelant que depuis les années 1960, « lorsque le général Charles De Gaulle a retiré la France des structures de commandement de l’OTAN, jusqu’à la condamnation ferme de l’invasion de l’Irak par Jacques Chirac, la position diplomatique unique de la France a exercé un certain attrait sur les pays du Sud ». Un attrait que Paris a perdu en adoptant une approche atlantiste.

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Selon l’économiste, il existe plusieurs frictions dans la relation bilatérale : la décision de Paris de réduire de moitié le nombre de visas délivrés aux Marocains entre octobre 2021 et décembre 2022 –l’ambassadeur Christopher Lecourtier a récemment annoncé qu’il n’y aura plus aucune limitation- ; les poursuites judiciaires engagées contre de hauts fonctionnaires marocains en France au milieu des années 2010 et plus récemment ayant conduit à la suspension par Rabat de la coopération judiciaire avec Paris en 2014-2015, les accusations d’espionnage à l’aide du logiciel israélien Pegasus contre le Maroc, un scandale impliquant des allégations de corruption de fonctionnaires du Parlement européen (PE) par le Qatar et le Maroc, etc.

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Autre point de friction : la question du Sahara. Le Maroc s’attend à ce que la France reconnaisse sa souveraineté sur ce territoire – dont le Polisario, protégé de l’Algérie, revendique l’indépendance – comme l’ont déjà fait certains, mais celle-ci se montre toujours réticente. « Les choses ont changé en décembre 2020. Le président des États-Unis Donald Trump, dans un revirement complet de la position américaine, a reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental en échange de sa signature des accords d’Abraham sur la normalisation israélo-arabe. Une soixantaine d’autres pays, dont l’Allemagne, l’Espagne et Israël, lui ont emboîté le pas. Mais pas la France », fait savoir l’universitaire.

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