France : une nouvelle loi inquiète les musulmans
Le Sénat a voté mercredi le texte de Bruno Retailleau contre l’« entrisme islamiste ». Il crée de nouveaux délits, suscitant l’indignation de la gauche et l’inquiétude des musulmans.
Le texte a été approuvé par 208 voix contre 124. Déposée par le patron des sénateurs Les Républicains et candidat à la présidentielle de 2027, la proposition s’appuie sur un récent rapport gouvernemental. Les élus de droite veulent armer l’État face aux stratégies d’infiltration des Frères musulmans dans l’éducation ou le sport. La mesure phare instaure un délit pénal sanctionnant les pratiques concertées contraires aux principes constitutionnels. L’arsenal facilite aussi la dissolution d’associations et soumet la construction de lieux de culte à l’accord du préfet. L’amendement interdisant le voile aux mineures a toutefois été écarté.
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La gauche a fait front commun pour rejeter ces mesures. Le chef de file des socialistes, Patrick Kanner, a fustigé un « tract politique » et accusé la droite de copier « les outrances de l’extrême droite ». L’écologiste Guillaume Gontard a même évoqué sa « honte » devant une idéologie de haine. Le gouvernement a également pris ses distances. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, qui prépare son propre projet, a mis en doute la constitutionnalité du nouveau délit, rappelant que la cible devait rester « tous ceux qui portent atteinte aux lois de la République ».
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Face aux critiques, Bruno Retailleau a revendiqué l’urgence d’« agir fermement et rapidement » face à une menace documentée. Il a assuré ne pas s’attaquer « à une religion, mais à l’islamisme », prévenant que l’amalgame servait les intérêts extrémistes. Ces justifications peinent à rassurer les fidèles, alarmés par une islamophobie nourrie selon eux par la droite politique et médiatique. La loi prend désormais la direction de l’Assemblée nationale, où son adoption s’annonce nettement plus complexe.