Hôtels, prix, avions : le Maroc prend l’avantage sur les Canaries
Avec des investissements massifs et des prix attractifs, le Maroc affiche de nouvelles ambitions touristiques. Le royaume a même dépassé les Canaries en nombre de visiteurs, poussant l’archipel espagnol à défendre son leadership.
À moins de 500 kilomètres des côtes canariennes, un sérieux concurrent déploie ses ailes. L’offre hôtelière marocaine a bondi de 23,6 % en 2026. Mieux encore, le pays a frôlé les 20 millions de visiteurs l’année passée, enregistrant une hausse de 14 % et devançant pour la première fois l’archipel espagnol.
Sur Bladi.net : Tourisme : Comment le Maroc a fini par détrôner un géant espagnol
Selon les informations rapportées par La Provincia, cette dynamique s’appuie sur un plan de développement clair : modernisation des aéroports, amélioration des transports et tarifs très compétitifs dans l’hébergement et la restauration.
Côté espagnol, les acteurs économiques observent cette ascension sans paniquer, forts de leurs quatre décennies d’expérience. Pedro Ortega, président de la Confédération des entrepreneurs des Canaries, reconnaît que « le garçon grandit » et qu’il faut redoubler d’efforts pour garder l’avantage. Les îles misent sur leur sécurité juridique, leurs infrastructures de premier plan et la fidélisation de leur clientèle. Le premier trimestre 2026 a d’ailleurs enregistré des chiffres historiques avec 1,5 million de touristes étrangers et près de 2,48 milliards d’euros de dépenses générées.
La véritable inquiétude des hôteliers canariens se trouve dans le ciel. L’augmentation des taxes aéroportuaires et les règles européennes sur le carbone poussent des compagnies comme Ryanair à réduire leurs vols vers l’archipel pour privilégier des pays moins coûteux comme le Maroc.
Sur Bladi.net : Dakhla Atlantique : le port marocain qui inquiète sérieusement les Canaries
José María Mañaricua, représentant du secteur de l’hôtellerie à Las Palmas, rappelle que les Canaries dépendent exclusivement de l’avion : « Nous ne pouvons pas nous tirer une balle dans le pied avec les taxes ». Il voit toutefois d’un bon œil le développement économique du voisin marocain, estimant que l’augmentation de son niveau de vie permet de freiner les migrations massives vers les côtes espagnoles.