Huit Marocains ont payé jusqu’à 15 000 € pour travailler en France : le tribunal renvoie tout à l’enquête

- 08h00 - France - Ecrit par : Mohamed A.

Au moins huit travailleurs marocains auraient versé entre 10 000 et 15 000 euros pour obtenir un emploi et un titre de séjour en France. Quatre suspects devaient être jugés à Tarbes, mais le tribunal a demandé une enquête plus approfondie.

Deux frères franco-marocains, actuellement détenus à Tarbes et à Pau, ont comparu avec deux femmes de leur entourage, laissées libres. Les deux hommes sont poursuivis pour neuf infractions, notamment traite d’êtres humains, blanchiment, escroquerie et emploi d’étrangers sans titre. Ils encourent jusqu’à dix ans de prison et un million d’euros d’amende, rapporte La Dépêche du Midi.

Le système présumé reposait sur la promesse d’un contrat de travail et de documents de séjour. En contrepartie, les travailleurs marocains auraient payé jusqu’à 15 000 euros chacun. Certains n’auraient reçu ni contrat ni titre de séjour. D’autres auraient travaillé sans être rémunérés.

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Plusieurs victimes présumées auraient également été hébergées dans des conditions indignes, notamment dans une maison située à Ibos, dans les Hautes-Pyrénées. L’affaire avait éclaté après l’alerte donnée par plusieurs travailleurs à la CFDT locale.

Des plaintes dans d’autres départements

Le tribunal de Tarbes n’a finalement pas examiné le fond du dossier. Les juges ont estimé que l’affaire nécessitait des « investigations supplémentaires et approfondies » et l’ont renvoyée au procureur de la République.

Un courrier de Me Moura, l’avocat des victimes, fait état d’autres plaintes déposées dans plusieurs départements. Ces nouveaux dossiers pourraient être joints à la procédure, ce qui donnerait à l’affaire une dimension nationale.

Les magistrats veulent également obtenir davantage d’informations sur la société Occitane, présentée comme étant au cœur du système présumé. Placée en liquidation judiciaire en avril 2026, elle avait pourtant déclaré un chiffre d’affaires d’un million d’euros en 2024. La défense a elle aussi relevé d’importantes lacunes dans l’enquête.

Le procureur a demandé le maintien en détention provisoire des deux frères afin d’éviter qu’ils ne se soustraient à la justice. Une information judiciaire, confiée à un juge d’instruction, pourrait désormais être ouverte.

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Cette affaire rappelle les conditions imposées à vingt travailleurs marocains dans le Lot-et-Garonne, eux aussi recrutés contre la promesse d’un emploi en France.