Conjoncture : les premiers impacts de la crise

- 10h18 - Maroc - Ecrit par : L.A

Dans sa dernière note de conjoncture datée de février, Bank Al-Maghrib laisse entrevoir, pour la première fois depuis le début de la crise, les signes avant-coureurs de vulnérabilité de notre économie. En cause, les contre-performances économiques annoncées pour la zone euro, principal partenaire commercial du Maroc, qui, selon les experts de la BAM, devraient avoir un impact significatif sur notre économie en 2009 via les canaux traditionnels de transmissions : exportations, transferts des MRE, IDE ou encore le tourisme.

Fait nouveau. « les évolutions récentes au plan sectoriel et au niveau de la balance des paiements tendent à montrer que la crise commence à se diffuser de manière plus marquée à ces agrégats », écrivent les experts de la banque. Doit-on se mettre à redouter l’effet bombe à retardement de la crise ? Rien n’est moins sûr.

D’autant qu’à la baisse de la production industrielle et du taux de l’utilisation des capacités de production avérée, s’ajoute le recul de 30 points de pourcentage de la perception des chefs d’entreprises en ce qui concerne le climat des affaires au 4e semestre 2008. En même temps, les commandes globales affichaient un net recul. Dans certains secteurs, répertoriés parmi les métiers mondiaux du Maroc dans la politique de l’émergence industrielle, elles ont atteint plus de 20% l’année dernière.

L’électronique et l’électricité ont cédé plus de 22% tandis que les vêtements confectionnés dépassaient les 8 et la bonneterie plus de 16%. A fin décembre 2008 déjà, les exportations du textile-habillement. Pis encore, la note de conjoncture, fait état d’anticipation des industriels pour les trois prochains mois (mars, avril et mai) pour une détérioration de l’activité dans l’ensemble des filières. Seule l’agroalimentaire semble s’en sortir à bon compte. De manière générale, ils redoutent tous une baisse des exportations, qui devraient être atténuée par une hausse des ventes locales, entre autres.

Autre secteur indicateur du spectre de la crise, la baisse de la demande d’électricité. Elle est passée de 6,1 à 5,1% entre 2007 et 2008. Cette décélération s’est faite essentiellement au second trimestre de 2008 où la demande a progressé en glissement annuel de 3,7% au lieu de 7,8 au premier trimestre de la même année.

Pour la première fois depuis plusieurs années, les exportations de l’OCP enregistraient une baisse en volume en 2008 du fait de la baisse de la production de phosphates (-7,2%), des engrais (16%) et de l’acide phosphorique (20%). Il n’empêche la valeur du court du phosphate et de ses dérivés enregistrée au premier semestre 2008, a fait que le rendement a plus que doublé d’une année sur l’autre. Il est passé de 22 milliards de DH en 2007 à 51 milliards l’année dernière.

La balance des paiements, non plus ne devrait pas être épargnée. La perspective des conjoncturistes de BAM prédisent un déficit de plus de 4,5% du PIB dégagé en 2008 par le compte courant de la balance des paiements. De même, le déficit de la balance commerciale croule sous un déficit de 167,8 milliards de DH. Calcul fait, c’est une aggravation de plus de 23% par rapport au déficit précédent (creusement des importations de 62 milliards).

Va-t-on fonder tous nos espoirs sur la campagne agricole annoncée bonne pour cette année ? Ou encore sur l’excédent budgétaire d’un peu plus de 3 milliards essentiellement faits par les rentrées fiscales ?

Autrement dit, les acquis de croissance globale ne sauraient être épargnés et sauvés que par la clémence du ciel et les bonnes performances attendues du secteur agricole après les importantes précipitations enregistrées depuis la fin du mois d’octobre. En tout cas, peu de choix s’offre à nous, sachant que l’essentiel des agrégats que composent les IDE (l’industrie, le tourisme et les télécoms) affichent des contre-performances.

Source : L’Economiste - Bachir Thiam

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