Internet : Un accès pour tous les marocains ?

- 01h14 - Maroc - Ecrit par : L.A

Si l’accès à la toile universelle demeure encore limité au Maroc, les cybercafés ont considérablement participé à la démocratisation du web auprès de la population marocaine particulièrement les jeunes.
Apparus à la fin des années 90, notamment dans les grandes villes marocaines, les cybercafés ont connu depuis un développement accéléré.

Un développement qui peut être expliqué par le grand engouement des jeunes marocains pour ce médium révolutionnaire. elon l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), le nombre des cybercafés a atteint 11.500 sur le territoire national. L’année 2006 a connu la création de 3.500.

Cependant, les cybercafés commencent à perdre une grande partie de leurs clientèles appartenant surtout à la classe moyenne. Cette catégorie de clients peut désormais avoir une connexion ADSL à domicile grâce aux multiples offres des opérateurs telecoms sur le marché. Toujours selon une enquête de l’ANRT, le nombre des domiciles raccordés à Internet a même doublé durant les deux années 2004 et 2005 pour atteindre 240.000 foyers.

Ce chiffre serait aujourd’hui largement dépassé vu les offres très alléchantes proposées par un opérateur Telecom pour anticiper l’arrivée sur le marché marocain de deux autres opérateurs concurrents. Les ordinateurs, devenus relativement moins coûteux et donc plus accessibles aux foyers marocains, ont également concouru à la démocratisation du Net.

Pour donner la possibilité à une population issue des milieux défavorisés, un programme conçu pour atténuer les effets de la fracture numérique a été lancé en 2004.

Fruit d’un partenariat entre le secrétariat d’Etat chargé de la Jeunesse, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et Microsoft Afrique du Nord, le programme « Ajialcom » vise la création de centres communautaires dans les Maisons de jeunes.

Outre l’atténuation de la fracture numérique et la formation et l’éducation des populations cibles aux TI, « Ajialcom » devait également contribuer à la réduction de l’analphabétisme, l’épanouissement des compétences et même la création des emplois. La réalisation de ce programme s’est effectuée en deux phases. Lancée en 2004-2005, la première phase a permis de consolider l’expérience de trois espaces AjialCom existants déjà.

Sept nouveaux centres ont également vu le jour dans des quartiers défavorisés de Casablanca, Rabat, Tiflet, Khémisset Benslimane, Bouznika et Mohammedia.

La seconde phase, qui s’étalera sur la période 2006-2007, devrait permettre la mise en place de 100 nouveaux centres communautaires dans différents clubs de jeunes, foyers d’accueil des femmes et centres de formation professionnelle. Au total, 3 000 jeunes marocains pourront bénéficier des services des centres AjialCom. Le constat qui s’impose concernant l’accès aux TI au Maroc est relatif à la région et milieux ciblés.

En effet, les projets qui ont pour but d’atténuer la fracture numérique semblent se limiter au milieu urbain. Les zones rurales sont toujours hors de la zone de couverture des projets qui facilitent l’accès aux TI. C’est pourquoi un programme comme « Ajialcom » serait le bien venu mais plutôt dans un douar
ou village.

Cybercafés, « déconnexion » !

Malgré le succès qu’ils ont encore auprès de Marocains, les cybercafés se retrouvent dans une situation délicate ces dernières années. Le nombre des abonnés à Internet est en augmentation constante et ceci se répercute considérablement sur l’activité des cybercafés.

Inauguré en grande pompe quelques années auparavant, le plus grand cybercafé du Maroc Giganet vient de fermer ses portes au public. La cause probable de cette fermeture serait la baisse des recettes.

Alors que beaucoup de cybercafés mettent la clé sous le paillasson, les opérateurs telecoms se frottent les mains. Les chiffres sont édifiants. Entre 2005 et 2006, Internet a connu une augmentation de son taux pénétration des foyers marocains de 52%. Le nombre des abonnés à Internet est passé à 399.720 abonnés. Ce chiffre concerne tous catégories de clients. Le mode de connexion le plus populaire au Maroc demeure l’ADSL.

L’année dernière, 97,8% du total des abonnés privilégiaient ce mode de connexion. Mais cette donne pourrait changer avec l’introduction par les opérateurs Telecom dans le marché marocain de la connexion par Wi-fi. Il s’agit d’une technologie de réseau informatique sans fil mise en place pour fonctionner en réseau interne. Mais elle est devenue aujourd’hui un moyen d’accès à haut débit à Internet.

Le phénomène des blogs

La grande utilisation du web surtout par les jeunes donne lieu à de nombreux phénomènes. L’un de ces phénomènes a complètement envahit le Web ces dernière années. Il devrait même prendre des dimensions plus importantes durant les années à venir.

Il s’agit du phénomène des Blogs personnel qui est un énorme succès. Les adresses des Blogs sont partout visibles sur les mûrs des grandes villes marocaines, notamment Casablanca. Un blog ou Weblog est un site web public qui a la forme d’un journal personnel ou d’un carnet intime. Les spécialistes le définit comme un espace d’expression des jeunes loin de toute censure parentale et même politique.

Souvent ce petit site web contient des textes, des liens vers d’autres sites, des photos, des vidéos ainsi que des morceaux de musique. Le contenu d’un blog est organisé d’une manière générale dans un ordre chronologique selon les mises à jour régulièrement apportées par « le propriétaire du Blog ».

Les articles rédigés se rapportent souvent à la vie privée du l’auteur, de ses réactions à son environnement (découverte d’un nouveau produit, sites Internet, réflexions sur l’actualité internationale ou sur l’évolution d’Internet...). Aujourd’hui, le phénomène s’est élargi. Il touche même diverses spécialités dans plusieurs secteurs. Les blogs permettent au lecteur de réagir au contenu créant ainsi une discussion avec d’autres personnes originaires de plusieurs pays, car le blog est avant tout un lieu de dialogue sans censure, c’est ce qui le différencie des forums.

Mais le point fort des blogs demeure la gratuité d’hébergement par de grands sites spécialisés, notamment Ifrance ou Skyblog.

Le Matin - Mohamed Badrane

  • Les Marocaines et l'Internet

    Huit lycéens sur dix fréquentent les cybercafés. Cette proportion n'a rien d'étonnant, certes. Mais quand on apprend que 42,8% des lycéennes affirment s'y rendre pour faire leurs devoirs, contre seulement 15,5% des garçons, là, il y a de quoi s'interroger. C'est l'un des constats que dresse l'Usaid, dans sa toute récente étude sur la participation des femmes au secteur des TIC, au Maroc.

  • Internet, culte ou outil de recherche ?

    Au Maroc, l'appropriation d'Internet en tant qu'outil éducatif et de communication a marqué l'entrée de notre pays dans l'ère de l'information. L'environnement social, économique et socioculturel se trouvent désormais touchés par ce nouveau canal de communication. Les jeunes, assoiffés d'innovations technologiques et de maitrise des outils d'information dernière génération, se trouvent attirés par ce nouveau moyen. C'est de là , donc, qu'est venue la nécessité des cybercafés. Ces lieux de « connexion » à l'information se sont multipliés sur les artères de toutes les villes, se concentrant surtout à proximité des établissements scolaires.

  • Internet : 1 million de Marocains veulent se brancher en 2007

    Net ralentissement du mobile chez les foyers marocains en 2006. Après avoir connu un véritable boom entre 2004 et 2005 (de 41,5% à 58,8%), le taux d'équipement des ménages en portables s'est stabilisé à 59,1%. C'est ce que révèle la troisième enquête nationale sur les technologies de l'information au Maroc. Initié par l'Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), ce travail a été mené auprès de 1.324 individus, entre les 28 février et 23 mars 2007.

  • 490 000 Marocains branchés à l'internet

    Internet connaît au Maroc un succès qui ne se dément pas. Selon l'observatoire de l'Agence nationale pour la réglementation des télécommunications (ANRT), le parc des connexions comptait, à fin septembre, près de 491 000 abonnés, en progression de 37% par rapport au même mois de l'année précédente. L'ADSL continue de se tailler la part du lion avec 91,8% de parts de marché et le nouveau venu « Bayn » s'adjuge déjà 6,7% du gâteau avec son offre internet sans fil qui a relevé par la même occasion le nombre de connexions bas débit. Ainsi, le nombre d'abonnés du bas débit est passé de 7 999 en septembre 2006 à 39 219 en 2007, soit une hausse de 390% sur une année.

  • 160 millions de dollars pour desservir 9263 localités rurales en télécommunications

    Le Maroc a adopté mercredi un programme pour desservir 9263 localités dans le monde rural en moyens de télécommunications pour une enveloppe de 1,44 milliard de dirhams. Selon l'agence de règlementation des télécommunications, deux millions de personnes vont tirer profit de ce programme étalé sur quatre ans (2008-2011), soit 17 pour cent de la population rurale au Maroc.

  • Les Marocains accros aux sms

    Le secteur des télécoms est sans conteste un de ceux qui tirent l'économie marocaine vers le haut. Ouvert à la concurrence et disposant d'un cadre législatif et réglementaire bien ficelé, il enregistre une croissance soutenue. C'est ce qui ressort du rapport d'activité pour 2006 que vient de rendre public l'Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT). Même si les chiffres sont sortis tard, il est intéressant d'en prendre connaissance, sachant qu'ils ne souffrent d'aucune approximation et par conséquent reflètent exactement l'activité de l'année écoulée.

  • Démocratisation d'Internet : Les cybercafés résisteront-ils ?

    Les cybercafés seraient-ils menacés de disparition ? Avec le PC et Internet qui se démocratisent, on serait tenté de le croire. Certes, le nombre de foyers raccordés au réseau des réseaux a doublé entre 2004 et 2005, selon la dernière enquête de l'ANRT et l'Apebi, s'élevant à 240.000. Mais, des cybers, il en continue de naître, encouragés par la baisse des prix d'Internet et le commerce qu'ils engendrent.

  • Internet et le PC peinent encore à percer !

    La pénétration des TIC au Maroc piétine ! C'est du moins ce que révèle l'enquête 2007 réalisé par l'Agence nationale de réglementations des télécommunications (ANRT). Avec un parc qui compte seulement 1,1 million d'unités, le PC demeure un produit de luxe. A peine 3% des foyers ruraux disposent d'un ordinateur, contre 15% en milieu urbain. Même si l'électrification bat son plein, la fracture numérique entre la campagne et la ville persiste. Le droit d'accès aux TIC doit-il être constitutionnalisé ?

  • Seulement 1,3% des Marocains connectés à domicile

    Au moment où le GSM vole de record en record, la téléphonie fixe est en train de perdre du terrain. Cette réalité est déjà connue, mais une récente enquête de l'ANRT (Agence nationale de la réglementation des télécommunications) la met en évidence, avec de nouvelles données plus affinées.

  • Plus d'un million d'ordinateurs individuels installés au Maroc

    Près d'un million d'ordinateurs individuels ! Le marché de l'informatique connaît un grand boom au Maroc. Il est clair que le royaume a décidé de jouer la carte des nouvelles technologies, lesquelles devraient, d'ici 2012, représenter 10% du produit intérieur brut. La population, les entreprises et administrations ont compris les enjeux, et, depuis quelques années, elles s'équipent massivement en matériel informatique.