Internet : La bloggeuse anti-hchouma

- 00h00 - Maroc - Ecrit par : L.A

Une jeune Marocaine a choisi de lancer un blog d’un genre nouveau, à l’intitulé évocateur : Sex populi. Ou comment parler de sexualité, sans verser dans la pornographie. Visite guidée.

Ce n’est pas franchement une surprise : le phénomène des blogs commence à connaître une effervescence hors normes. Selon les dernières estimations parues sur http://maroc-blogs.blogspot.com, e-magazine marocain consacré aux blogs, le nombre de bloggeurs marocains aurait atteint les 20 000, excusez du peu. Ce qui fait de ces journaux intimes numériques une sorte de vitrine cybernétique de notre
société. Le contenu ? Politique, société, musique, religion… et, depuis peu, sexualité. Bien loin des dizaines de blogs affichant des photos d’adolescentes en tenue d’Eve, Sex populi est le tout premier blog marocain, voire arabe, consacré à la pratique sexuelle. Créé par N.F., une jeune Casablancaise de 19 ans, il traite de la sexualité sous toutes ses formes, le tout avec un ton décalé, et saupoudré d’une “Moroccan touch” où il puise tout son charme.

La sexualité du peuple

L’inspiration pour le nom Sex populi vient du vocable latin “Vox populi”, autrement dit la voix du peuple. L’idée est venue à N.F. en surfant sur des blogs français et américains dédiés à la sexualité. “J’avais envie de faire quelque chose de nouveau, drôle, vrai, et surtout marocain. Pourquoi pas le sexe, puisque c’est quelque chose qui nous interpelle dans la vie de tous les jours”, explique la bloggeuse. Que les esprits pudibonds se rassurent : il n’est point question de pornographie, mais de sexualité, dans le sens sociologique du terme. La page de garde illustre d’ailleurs parfaitement le concept : “Chers lecteurs et lectrices, en tant que Marocains et en ce qui concerne la sexualité, de quoi voulez-vous qu’on parle exactement ?”. Voilà pour l’intro. Dans la même veine, la “webmistress” lance un appel à ses fidèles : “Vos réponses sont d’une grande importance pour moi, elles me permettront d’avoir des idées pour mes prochains articles”.

Certes, le contenu reste très perfectible, vu la fraîcheur du blog, qui n’a vu le jour qu’en novembre 2006. La jeune demoiselle, étudiante en économie le jour, plonge dans le Net tous les soirs pour compléter son menu fait d’humeurs, d’articles ou de dossiers parus dans la presse. Elle puise aussi dans les forums de discussion où les commentaires coulent à flots. Surtout, la jeune fille tient à être prise au sérieux : les thèmes qu’elle développe sur son blog se veulent ludiques, mais d’abord informatifs. La preuve par ce rappel qu’on peut lire sur le blog : “Cette année, on fêtera le 100ème anniversaire de l’invention du soutien-gorge, c’est l’occasion de connaître sa petite histoire”.

Et les lecteurs dans tout cela ?

“Les premiers inscrits étaient principalement des amis, des gens qui me connaissaient et qui étaient au courant de mon projet, confie N.F. Les réactions et les commentaires sont généralement positifs. Certains critiquent le blog en écrivant que je suis une ado et que le contenu n’est pas consistant. Mais à ce jour, je n’ai jamais reçu aucune insulte”.

Au pays de la hchouma et de la schizophrénie sociale, la censure ne risque-t-elle pas de frapper aux portes de Sex Populi ?

“S’ils suppriment mon blog, j’en créerai un autre, et puis un autre encore. Et demain, d’autres pourront faire de même s’ils le veulent, répond la concernée. Ce que je fais n’a rien de légalement répréhensible : je ne mets pas de photos pornographiques, je ne photographie pas des personnes à leur insu et je n’incite pas à la débauche. Tout ce que je fais, c’est parler de la sexualité des humains, de culture sexuelle”. En tout cas, la cyber-brèche est ouverte sur http://sexpopuli.blogspot.com. Moins de 16 ans et esprits tordus s’abstenir.

TelQuel - Adil Mafhoum

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